.:.Chronique.:.

Pochette

Haynes, Jim

Telegraphy By The Sea

[The Helen Scarsdale Agency/Metamkine::2006]

Déjà membre de The Sleeping Moustache dans lequel on retrouve Steve Stappleton (Nurse With Wound), M.S.Waldron, Sigtryggur Berg Sigmasson et R.K.Faulhaber, Jim Haynes se trouve du temps pour sortir ses propres disques quand il ne contribue pas à l'excellent magazine britannique The Wire. Telegraphy By The Sea est le second disque que l'Américain produit pour The Helen Scarsdale Agency. Cette longue plage de cinquante-cinq minutes, qui explore les fins fonds de l'abstraction sonore, a été le fruit d'un travail de longue haleine. Pour la mettre sur pied il aura fallu à Haynes plus de quatre ans ainsi que plusieurs voyages sur différents continents. Tout ce qu'il a pu collecter va finalement lui servir d'instrument pour créer des paysages musicaux polaires et arides où le minimalisme se confond à merveille avec des fragments sonores inquiétants qui révèlent tout le côté sombre de cet album iconoclaste. Sur les cinquante-cinq minutes que dure cette plage Jim Haynes s'efforce d'occuper pleinement l'espace avec une base ambient qui laisse échapper de longues nappes monolithiques.

Ainsi le fond de cet album ressemble à s'y méprendre à la pochette évocatrice qu'a choisi Haynes pour illustrer Telegraphy By The Sea. Un album à la noirceur intégrale et aux contours flous et abstraits. De ce fait Haynes laisse travailler notre imaginaire. On pourra apposer à sa musique toute une imagerie post-industrielle voire, pour les plus sombres d'entre vous, post-apocalyptique. Telegraphy By The Sea ne laisse alors que peu d'espoir. Ce disque est un bloc qui suit une logique de modelage sonore tout à fait particulier. Presque conçu comme une oeuvre improvisée cet album sait prendre une certaine ampleur tout en laissant évoluer une tension largement palpable. Ce morceau peut mettre l'auditeur dans une situation inconfortable, le mettre mal à l'aise tant l'ambiance de se disque se révèle pour le moins oppressante. Pour autant on arrive à être fasciné par cette approche ténébreuse de l'Américain qui démontre que la musique abstraite continue de survivre de bien belle manière au milieu d'une masse musicale de plus en plus importante.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 10-02-2007

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http://www.helenscarsdale.com

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