.:.Chronique.:.

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L'Ocelle Mare

s/t

[Ruminance/PIAS::2006]

Cheval de Frise fut une belle aventure. Une aventure qui malheureusement s'est achevée en laissant quelques regrets à tous ceux qui croyaient en ce groupe. Thomas Bonvalet, lui, est parti voguer sous d'autres cieux. L'Ocelle Mare est son nouveau projet et comme Cheval de Frise a pu l'être, il se révèle des plus déroutants. Accompagné d'une seule guitare acoustique (ou presque) Bonvalet s'est engagé dans les voies de l'épure et nous a présenté des morceaux aux intonations hispanisantes et post-rockeuses et aux formats complexes pour ne pas dire géométriques par moments. Si on pense évidemment à John Fahey, David Grubbs, Fred Frith ou, pourquoi pas, Eugene Chadbourne, Thomas Bonvalet marque de son empreinte un disque-concept qui se distingue par sa dimension solaire et sa capacité regénératrice. Enregistré dans des carrières et des églises abandonnées ce premier effort solitaire est une véritable introspection marquée par des silences évocateurs. Etonnant jusqu'au bout Bonvalet explore les recoins de sa propre personnalité et nous l'offre comme une confession qui passe autant par des sentiments torturés que par l'apaisement.

Sur un album finalement assez court Thomas Bonvalet arrive à faire passer l'essentiel. Son apparente complexité n'est pas un obstacle à l'appréciation de celui-ci. Tout au contraire on s'étonne à l'aimer d'une manière toute particulière. Il va falloir ainsi chercher en profondeur tout ce que L'Ocelle Mare évoque avec une certaine virtuosité. On regrette alors que le disque soit aussi court. Mais sait-on si l'allonger ne lui aurait pas porté préjudice ? Finalement ce court format permet à Bonvalet, autant qu'à nous, de ne pas se perdre en route. Ainsi, bien que Cheval de Frise ait disparu du circuit, l'un de ses membres n'en a pas perdu pour autant l'inspiration. Créateur d'une musique vivante L'Ocelle Mare apparaît de plus en plus comme une extension logique à Cheval de Frise. L'aventure continue donc. Certes sous d'autres formes mais on ne pourra que s'en réjouir.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 30-01-2007

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