.:.Chronique.:.

Pochette

L Pierre

Dip

[Melodic::2007]

|01 Gullsong|02 Weir's Way|03 Gust|04 Ache|05 Hike|06 Drift|

Anciennement Lucky Pierre, Aidan Moffat (ex-Arab Strap) nous est réapparu il y a quelques années avec un pseudo raccourci et des intentions plus qu'honorables. Après Hypnogogia et Touchpool L Pierre nous offre un album splendide qui clôt définitivement l’aventure Arab Strap. Même si ce disque a été conçu avant le split du groupe, on ne peut s’empêcher de penser que, déjà, Moffat avait l’esprit ailleurs. Sans doute rêvait-il de nouveaux espaces, d’horizons plus lointains et de grandes étendues. C’est ce sentiment qui domine à l’écoute de Dip. Il faut s’imaginer être assis devant l’océan et rester fixé sur cet éternel recommencement de mécanique des vagues. On se sent alors happé par l’immensité de la mer mais on s’y sait en sécurité comme nulle part ailleurs. On a beaucoup dit de la musique de Moffat qu’elle était cinématique. Au premier abord, cela est sans doute vrai mais, en profondeur, elle est un plus que cela. Elle dépasse même ce stade pour aborder une espèce d’universalité qui ne saurait entrer dans un cadre précis. Ainsi Dip vous parle avec une immédiateté confondante et révèle une approche musicale qu’on ne pensait plus pouvoir atteindre depuis bien longtemps.

Le disque s’achève comme il avait commencé : avec le ressac de l’océan comme si on devait boucler une boucle, comme pour bien signifier la fin d’un cycle pour qu’un autre puisse commencer. Et c’est exactement ce qui se passe. Moffat se réinvente à chaque instant, insistant sur une charge émotionnelle des plus fortes et s’embarquant dans des contrées que peu osent explorer de peur de s’échouer lamentablement. Le risque était, en effet, de flirter avec l’ennui le plus absolu en développant une musique molle et sans reliefs. Moffat échappe à tout cela grâce à une justesse mélodique qui, bien que souvent répétitive, semble être touchée par une grâce quasiment divine pour ne pas dire intouchable. Dip est alors un disque sans âge, en dehors de toute mode, ce qui est d’autant plus réjouissant si on se sent blasé par l’ensemble de la production discographique du moment qui a cette fâcheuse tendance à s’auto-clôner. L Pierre est donc quasiment unique en son genre et c’est loin d’être un mal.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 19-12-2006

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