.:.Chronique.:.

Pochette

Okay

Low Road - Part One

[Ruminance/PIAS::2006]

|01 Bloody|02 Now|03 Holy War|04 We|05 Devil|06 Replace|07 Oh|08 Game|09 Roman|10 Hoot|11 Bullseye|

Les concepts pop se font assez rares. En créant le personnage de Okay, Marty Anderson (Dilute, Howard Hello, Jacques Kopstein) se révèle à nous comme l'une des meilleures suprises de cette année. La surprise est d'autant plus grande que ce disque se retrouve hébergé par le label nantais Ruminance qui ne nous avait guère habitué à évoluer dans un tel registre. Pour Marty Anderson, la pop c'est plutôt une profession de foi. Une pop dans laquelle il va tout de même glisser ses angoisses, ses peurs, ses réflexions profondes ainsi qu'une bonne dose d'expérimentations sonores que peu osent mettre en exergue sur un exercice de style comme celui-ci. Car il faut bien comprendre que Okay est un personnage fortement préoccupé par ce qu'est en train de devenir le pays dans lequel il vit. Il offre ainsi sa vision des choses avec l'urgence d'un type rongé par la maladie qui, calfeutré dans sa propre demeure, donne une version distanciée mais critique du monde qui l'entoure. Là aussi il ne faudra pas voir dans la maladie d'Anderson le moindre prétexte à se donner les moyens d'une critique facile. Il est encore moins là pour qu'on s'apitoie sur son sort ou pour vendre son malheur. Il pose juste un regard curieux, interrogatif et inquiet sur ce qui se passe. Ne cherchons pas plus loin.

La fraicheur assumée de ce disque et son côté apparemment optimiste pourraient porter à confusion. Marty Anderson ne pouvait se contenter de rester dans un format léger et complètement inoffensif. C'est une pop adulte qui, en plus d'être imparable, a ce mérite inestimable d'être portée par un personnage qui maîtrise sur le bout des doigts son sujet. Nous ne sommes pas là dans un vulgaire copier/coller d'une pop dont on verrait trop aisément les influences resurgir. Ici le disque est marqué par la forte personnalité de Okay et par un chant qui lui est tout aussi particulier. Une voix nasillarde et fragile qui étonne à la première écoute mais qui prend tout son sens à mesure que l'on s'installe dans cet album. Elle apparaît comme indissociable du reste du disque, une touche unique qui rend ces morceaux aussi forts et touchants. En toute humilité, Marty Anderson a, avec Low Road, sorti un disque aussi lumineux qu'essentiel reléguant loin derrière tous ses poursuivants. En toute honnêteté on tient sûrement là LE disque de cette fin d'année.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 02-12-2006

A voir également :

http://www.myspace.com/okaytheband

http://www.ruminance.com

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