.:.Chronique.:.

Pochette

Urkuma

Rebuilding Pantaleone's Tree

[Baskaru::2006]

|01 Ex Jonath Donis|02 L'Asino Arpista|03 Olifante|04 Achmed Giedik|05 Panta Nifta Scotini|06 Abraxas|07 Confusio Linguarum|08 Bestiaire|09 Retour En Arrière|

Prendre comme source d'inspiration une mosaïque créée par le moine Pantaleone, qui vécut au XIIème siècle, pour la cathédrale d'Otrante, n'est pas quelque chose de forcément courant. Stefano De Santis est tombé sous le charme de cette oeuvre picturale qui se démarque par ses représentations qui font se confronter les aspects sacrés du culte chrétien et les superstitions locales qui, quel que soit l'endroit où le christianisme a pesé, n'ont jamais disparu totalement. Elles ont même fini par s'intégrer, de manière plus ou moins diffuse, selon les localités, aux croyances religieuses. Rassurez-vous on ne va pas vous faire un cours sur la survivance du paganisme dans l'Occident chrétien. On va plutôt s'attarder sur la vision particulière qu'en a eu De Santis à travers ce disque conceptuel. L'Italien va éviter soigneusement tout cliché médiéviste ou traditionnaliste. Son approche est, au contraire, dans les formes abstraites, le minimalisme ou des imbroglios sonores faisant largement penser à l'école expérimentale française que l'on ne connaît que trop bien au sein du GRM.

L'Italien va sur la pointe des pieds, cherchant le point idéal où il peut glisser ses pièces méditatives qui semblent sortir d'un temps des plus reculés. Entre chuchotements électroniques, maltraitances acoustiques et différents collages sonores, De Santis parvient à rendre encore plus mystérieuse l'oeuvre dont il s'inspire. Ce disque est une mosaïque sonore comme l'oeuvre de Pantaleone est un assemblage pictural qui vu dans son ensemble donne une constitution cohérente. Ainsi Rebuilding... est régulier dans son abstraction, dans sa volonté de limiter l'espace à une portion congrue afin de bien fixer l'attention et de donner par la même occasion une idée précise du sentiment que l'on peut acquérir en se concentrant sur l'oeuvre de Pantaleone. Pour autant cet album est parfois un peu trop hermétique, se laissant enfermer dans un concept musical maintes fois ressassé et souvent de bien meilleure manière. Rebuilding... reste un disque tout à fait honorable qui se laisse digérer de manière assez délectable pour tous ceux qui sont adeptes des musiques complexes.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 19-11-2006

A voir également :

http://www.baskaru.com

?>