.:.Chronique.:.

Pochette

Phonophani

s/t

[Rune Grammofon/La Baleine ::2006]

|01 I.F.A|02 Ring|03 Zurnas|04 No Strangeclock|05 Duration-Happiness|06 Kaliphoni|07 C|08 Order Of Disappearance|09 Sol|10 Minne & Materie|11 The Boy In His Bathtub|12 Farger Rundt Hvitt |13 Kreta|

L'idée a de quoi faire plaisir. Ceux qui n'ont connu Phonophani qu'à travers Genetic Engineering ou Oak Or Rock n'ont peut-être pas eu la chance de connaître ce tout premier disque sans titre qui n'avait été édité qu'à cinq cent exemplaires sur Biophon, le label de Biosphere. Inutile de dire que cet album était introuvable depuis belle lurette. Espen Sommer Eide, que l'on connaît aussi pour sa participation à Alog, présentait déjà en 1998 une musique passionnante et pleine d'expérimentations électroniques en tout genre. Si ce n'est là que les débuts discographiques de Phonophani, le concept sonore est, lui, déjà bien en place : un assemblage glacial, une certaine forme de minimalisme et un étirement architectural qui ferait presque prendre l'ensemble comme une espèce de parcours initiatique et mystique à travers les steppes du Grand Nord. D'ailleurs, ce disque est assez symptomatique d'une certaine école des pays scandinaves, qui se sont nourris de leurs ainés germaniques et, on n'en doute pas une seconde, du précurseur que fut Brian Eno.

On pourrait légitimement penser que ce premier effort de Eide ait un peu vieilli et qu'il ne représente qu'un intérêt documentaire qui ne trouverait de valeur qu'aux yeux d'une caste élitiste apte aux réflexions masturbatoires sur la chose électronique. Au contraire le Phonophani de 98 a plutôt bien vieilli et pourrait bien intéresser le plus grand nombre. Tout du moins ceux qui portent un regard curieux sur les créateurs sonores. Et Phonophani est un véritable créateur, non pas qu'il soit unique en son genre mais il développe des espaces sonores qu'on croirait presque liturgiques tant la solennité qui se dégage de ce disque est évidente. Eide avance à pas feutrés, toujours dans ce souci de ne jamais trop heurter son auditeur mais il existe une profondeur indéniable dans chacune de ses compositions. Notre homme nous invite à une dérive mystique sur laquelle nous sommes prêts à le suivre sans poser de questions. Une dérive qui a été agrémentée de trois morceaux supplémentaires par rapport à l'édition originale. Des morceaux qui viennent parfaitement se greffer aux autres pour la simple et bonne raison qu'ils datent de la même époque. Quoi qu'il en soit on ne pourra que saluer cette initiative qui vient combler un manque dans la discographie de Phonophani.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 07-10-2006

A voir également :

http://www.alog.net/phonophani

http://www.runegrammofon.com

?>