.:.Chronique.:.

Pochette

(être)

A Post-Fordist Parade In The Strike Of Events

[Baskaru::2006]

|01 Anatomy Of This Faded Flower (For Sarah Kane)|02 From The Parallel Line, Before And After Me (For Faust)|03 --------------------------|04 Dogs From My Childhood : Multiple White (For Thomas Hirschhorn)|05 Luego Existe (For Giuseppe Gabellone)|06 Don't Ask Me Why Rain Becomes Hail (To John Bock)|07 Considering The Hypnosis Of The Stone (To Harmony Korine)|08 Naturalist Tokyo 3.0 (For Michel Houellebecq)|09 And You Are Free In The Icon Of Neurotic Realism (For Santiago Sierra)|10 What Are We Doing Here ? (To Sharunas Bartas)|11 When You Cry For The First Time On This Earth (For Antonio Moresco)|





Salvatore Borelli est, comme beaucoup d'autres dans sa branche, un sculpteur sonore. A partir d'un matériau brut, il arrive à modeler ce dernier à sa convenance pour créer une musique post-moderne qui se complaît dans des formes variées et interchangeables. Le parcours de Borelli est très significatif de son état d'esprit artistique. Après être passé au Japon et en Afrique du Sud, où il s'est fait remarquer avec ses installations, il intègre le collectif iXem qui base son effort sur l'expérimentation musicale. Si son travail se base beaucoup sur l'acoustique, on serait difficilement à même de voir une accointance avec les grands frères du GRM. Au contraire le projet (être) se veut plus mélodique, moins abstrait et, pour le moins, plus ouvert en mettant en place une musique aérée mais qui peut tout aussi bien se rendre abrasive. En effet le résultat des investigations de l'Italien peuvent bien faire montre de clarté, mais il ne faut en aucun cas perdre de vue qu'il malaxe les sons de la manière la plus torturée qui soit. Encore une fois, on est en face d'un adepte du "mieux détruire pour mieux reconstruire".

A proprement parler, Borelli est l'élève consciencieux d'une école expérimentale où le collage, la vision cinématographique version road-movie autiste et une approche presque subliminale sont des marques de fabrique qui s'apparentent à une idée structurelle de la musique qui est sortie de l'anonymat depuis quelques années. Des types comme Borelli ne font plus peur, ne suscitent même plus l'hostilité ou l'incompréhension (sauf, peut-être chez les habitués du Hit-Machine...). Les années 90 ont été un vecteur essentiel à la survie et au développement des musiques dites cérébrales. Des labels dits difficiles comme Touch ou Mille Plateaux ont permis l'émergence d'une quantité d'artistes qui n'auraient sans doute guère eu de diffusion en d'autres temps. La structure Baskaru mise intelligemment sur ces créateurs sonores comme s'il paraissait essentiel de donner une tribune aux expressions non formatées. Ainsi ce premier album de (être) peut se targuer d'être une entité propre qui ne se catalogue pas aussi facilement qu'on le voudrait mais qui fait passer une véritable émotion tout en gardant une complexité architecturale totale. C'est ce qu'on appelle une réussite.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 30-09-2006

A voir également :

http://www.baskaru.com

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