.:.Chronique.:.

Pochette

Yamagata, Rachael

Happenstance

[RCA Victor/BMG Music::2004]

|01 Be Be Your Love|02 Letter Read|03 Worn Me Down|04 Paper Doll|05 I'll Find A Way|06 1963|07 Under My Skin|08 Meet Me By The Water|09 Even So|10 I Want You|11 Reason Why|12 Moments With Oliver|13 Quiet|14 Ode To... (hidden track)|

(The Never Can Be) Happenstance, soit en français « l’impossible coïncidence » ; le thème du premier album de la pulpeuse Rachael Yamagata est énoncé d’emblée. Comme l’indique ainsi le titre, Rachael Yamagata ne croit pas au hasard, bien au contraire : tout, selon elle, arrive pour une raison. Elle se démène alors corps et âme, dans une écriture éminemment cathartique, à démêler les « pourquoi » et les « comment » de son perpétuel malheur en amour. Simple coïncidence ou destin, c’est bien cette malchance qui l’amènera à signer un contrat avec BMG Music et à sortir son premier album.

Retour en arrière. Admiratrice intarissable du groupe funk Bumpus, la jeune pianiste autodidacte passe tout son temps libre à les écouter et à assister à leurs répétitions à Chicago. Un jour, alors qu’il manque un troisième chœur pour un morceau, elle monte sur scène. Séduits par sa voix rauque et blues, ils l’invitent à rejoindre le groupe. C’est le début d’une nouvelle aventure qui durera six ans. Seulement, les dysfonctionnements et les histoires d’amour chaotiques au sein du groupe la forcent à prendre son envol, seule. En 2001, elle expose au public et aux maisons de disques les titres qu’elle a elle-même composés et elle signe peu après un contrat avec RCA Victor. La voici lancée...

Un EP voit le jour en 2002 : cinq titres aux indéniables influences jazz. Très vite, elle retourne en studio accompagnée du producteur John Aliaga (John Mayer, Dave Matthews) et nous livre son premier opus, Happenstance, en 2004. Deux chansons présentes sur l’EP ont été pour l’occasion entièrement réenregistrées et réarrangées : la production jusqu’alors fluide et légère aux tonalités jazz s’efface derrière des arrangements plus contemporains, plus pop. Les programmations aux claviers qui envahissaient les titres de l’EP ont laissé place aux guitares, aux cordes (Oliver Kraus, violoncelliste émérite de Tom McRae et Beth Orton entre autres) et également aux cuivres. ‘Worn Me Down’ est ainsi plus électrique, plus enragé et plus efficace (certains diront plus formaté...). La ballade ‘Reason Why’ est ici plus dépouillée, plus pure. Les morceaux, le plus souvent dominés par un piano, oscillent ainsi entre mélodies pop entraînantes et vigoureuses (‘1963’, ‘I Want You’) et ballades douces et délicates (‘I’ll Find A Way’, ‘Quiet’).

La comparaison, bien souvent trop facile, avec d’autres artistes féminines est inévitable : la composition au piano fait penser à Fiona Apple, la voix rappelle Janis Joplin. Cependant, la demoiselle s’en dégage car son interprétation offre un panel incomparable d’émotions et ses compositions ne se cantonnent pas à une ligne directrice précise. Elle passe du piano à la guitare, d’arrangements complexes à des morceaux épurés, avec une simplicité folle.

Cependant, ce que l’on peut reprocher à Happenstance, c’est sa production bien trop lisse, qui ne met nullement en valeur la voix si unique et la sensibilité à fleur de peau de l’Américaine. Rachael Yamagata a tout d’une grande, et c’est sur scène que celle qui se dit influencée par Carole King et Roberta Flack, maîtrise son art et brille. Espérons donc que son prochain album (déjà enregistré et prévu pour 2007) possède ce côté frais et authentique que l'on retrouve sur scène et qui manque à Happenstance. Elle nous l’a d'ailleurs promis dans une note écrite il y a quelques mois sur son site web... à suivre !

note : 6.5

par coralie, chronique publiée le 29-09-2006

A voir également :

http://www.rachaelyamagata.com

http://www.myspace.com/rachaelyamagata

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