.:.Chronique.:.

Pochette

Gainsbourg, Charlotte

5:55

[Because Music::2006]

|01 5:55|02 Af607105|03 The Operation|04 Tel Que Tu Es|05 The Songs That We Sing|06 Beauty Mark|07 Little Monsters|08 Jamais|09 Night-Time Intermission|10 Everything I Cannot See|11 Morning Song|

« Fille de » n’est pas un titre très facile à porter quand on se lance dans l’industrie musicale, surtout lorsque l’on est justement « fille de » deux icônes : le poète d'avant-garde Serge Gainsbourg et son égérie, l’Anglaise Jane Birkin. Cela n’empêche pas Charlotte Gainsbourg, déjà réputée pour ses talents de comédienne, de s’y essayer avec le très attendu 5:55.

Certes, 5:55 n’est pas à proprement parler sa première œuvre musicale. En 1983, son père l’invite déjà à l’accompagner sur le très provocateur ‘Lemon Incest’, avant de lui concocter, trois ans plus tard, son premier album, Charlotte For Ever. Vingt années se sont depuis écoulées et revoilà aujourd’hui la douce Charlotte sur le devant de la scène musicale. Si ce hiatus n’a pas été exempt de jolies collaborations (notamment ‘If’ avec Etienne Daho), il semble approprié de dire que 5:55 marque son « retour » dans la musique.

A cet effet, il s’est créé autour de la demoiselle un joli et très moderne cocon – cocon de luxe, il va sans dire ! Il suffit de jeter un rapide coup d’œil sur les crédits de l’album pour s’en assurer : la musique, entièrement composée par le très tendance duo Air, et les cordes arrangées par David Campbell (qui n’est d’autre que le père de Beck) enveloppent des paroles signées Neil Hannon (Divine Comedy) et Jarvis Cocker (Pulp), le tout produit par le fameux Nigel Godrich (Radiohead, REM). Une question, la question, vient alors se poser : qu’en est-il de la participation effective de Charlotte Gainsbourg parmi ce casting de rêve ? Car à part une collaboration dans l’écriture des morceaux ‘Night-Time Intermission’ et ‘Morning Song’, la belle ne se fait que l’interprète de chansons soigneusement confectionnées spécialement pour elle... Mais justement, quelle interprétation ! Même si son côté très travaillé et millimétré laisse peu de place à la spontanéité, la voix de Charlotte reste indéniablement égale à son image : le chant, le plus souvent dans la langue de Shakespeare, est à la fois doux, pudique et mystérieux. En effet, sa voix suave se pose tout en délicatesse sur une musique pop très aérienne (pour ne pas dire très airienne) et le résultat, il faut l’admettre, est plutôt plaisant et agréable à écouter.

Si la qualité des morceaux est dans l’ensemble assez inégale, on se laisse cependant facilement charmer par la finesse de certains titres comme ‘5:55’, ‘The Operation’ et le single ‘The Songs That We Sing’. Le moment de grâce vient avec la fabuleuse sobriété de ‘Beauty Mark’. Puis ‘Night-Time Intermission’ fait figure d’interlude et ouvre la voie à la partie probablement la plus personnelle de l’album : un final tout en beauté avec le très entraînant et libérateur ‘Everything I Cannot See’ et enfin ‘Morning Song’, poème vraisemblablement inspiré par son père (et en écho à ‘Lemon Incest’ ?). Au final, un disque imparfait mais qui satisfera aussi bien les habitués de Air que les admirateurs de Keren Ann.

note : 6

par coralie, chronique publiée le 26-09-2006

A voir également :

http://www.charlottegainsbourg.fr

http://www.myspace.com/charlottegainsbourg

?>