.:.Chronique.:.

Pochette

Dahl, Anders

Hundloka, Flockblomstriga 1

[Häpna/Import::2006]

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Peut-être est-ce parce qu'il est l'homonyme d'un botaniste du XVIIIème siècle que Anders Dahl s'est senti dans l'obligation de donner des noms de plantes à chacun de ses disques. A la limite on devrait le présenter à Marsen Jules. Même s'ils n'officient pas dans le même registre ils devraient sans doute s'entendre. Si Marsen Jules évolue dans une musique des plus organiques, Anders Dahl est, lui, nettement plus expérimental et explore plus avant les sonorités épurées et méditatives. A la limite de l'hermétisme, le Suédois est un adepte du long développement, d'un étalement sonore qui brise les limites du temps et de l'espace. Hors des schémas conventionnels, il n'utilise que très peu les ressources électroniques pour élaborer sa musique. Il préfère largement les sons accoustiques mais ne rejette pas totalement la matière synthétique. Au contraire il sait l'utiliser à bon escient afin de donner un peu plus de reliefs à ses compositions. Et du relief il y en a. Ce disque est constamment fait de nuances, de revirements sonores et d'évocations abstraites. Sur les trois longues pièces qui composent cet album, à aucun moment Anders Dahl ne projette de suivre une ligne musicale toute tracée. Si la musique de Dahl semble être d'une timidité maladive elle apparaît aussi comme une multiplication de contorsions qui empêcherait de bâtir une oeuvre trop plate.

Ce souci est ainsi permanent. Si les plantes sont le reflet d'une certaine harmonie, elles ont cette particularité de n'être jamais uniformes. Dahl s'inscrit ainsi dans ce registre. En évoluant dans une complexité parfois difficile à suivre il arrive néanmoins à dégager une osmose qui tend à faire accepter les longs étirements du Suédois. Hundloka... ne se refuse donc pas à nous. Ce disque est bien plus ouvert qu'on ne le pense. Il ne connaît pas de frontières et créé un champ libre ou chacun peut se prélasser dans une végétation folle, à l'abri de tous les regards indiscrets. Si l'évidence n'est manifestement pas de mise ici, Anders Dahl a au moins ce mérite d'aller jusqu'au bout de sa logique. On pourra dire qu'il fait de la musique d'autiste mais une fois plongé dedans il vous sera difficile d'en ressortir.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 22-09-2006

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