.:.Chronique.:.

Pochette

Ielasi, Giuseppe

5 Untitled Tracks

[Häpnä/Import::2006]

Giuseppe Ielasi est, on le sait, un personnage occupé. Cependant il arrive quand même à se dégager du temps pour sortir ses propres albums sans que cela se fasse dans l'urgence et le n'importe comment. Ielasi s'est toujours appliqué à concocter des disques élaborés et qui, pour le moins, sortent de l'ordinaire. En cinq morceaux l'orfèvre italien nous prouve une fois de plus qu'il n'appartient pas au commun des mortels. Présenté comme son album le plus abouti, Ielasi ne s'est pas donné la peine d'intituler chacune de ses compositions. Sans doute pense-t-il que sa musique parle d'elle-même et qu'il est ainsi inutile de les nommer pour leur donner une substance. Nous ne saurions que trop lui donner raison. Si, comme on nous l'a présenté, ce disque navigue entre ombre et lumière il se révèle aussi d'une richesse étonnante. Les morceaux de Ielasi sont à plusieurs niveaux, comme si plusieurs couches sonores venaient à se superposer les unes sur les autres. Ce n'est pas simplement un exercice de collage. On se rend compte qu'il y a un véritable lien entre ces strates et qu'elles sont indispensables les unes aux autres. Cette richesse donne une profondeur qu'on ne connaissait pas forcément chez l'Italien. Sans perdre son côté expérimental, il se veut plus émotionnel, montrant plus de fluidité dans l'effort et sachant être d'une humilité qui nécessite alors une écoute des plus personnelles.

5 Untitled Tracks ne pourrait être qu'une beauté froide comme il en sort à foison ces derniers temps mais la charge émotionnelle est sans doute plus savament dosée qu'ailleurs. Entre chuchotements et rêveries planantes, Ielasi réalise une musique enveloppante qui malgré une réelle complexité (on ne se refait pas) sait s'apprivoiser le plus facilement du monde. Cependant notre homme ne pouvait se contenter que de cela. Comme pour prendre à contre-pied son idée initiale le dernier morceau se veut comme l'antithèse des quatre autres. Commençant sur des rythmes un peu ethniques, ce cinquième titre prend peu à peu de l'ampleur pour finir dans une tempête shoegazienne d'un effet dévastateur qui surplombe tout et balayant le calme introspectif du reste de l'album. Une sorte d'apothéose qui pourra laisser pantois mais qui donne très largement envie d'aller plus avant dans l'oeuvre de Ielasi. En attendant qu'il sorte un nouveau disque on pourra toujours rejouer celui-ci sans éprouver la moindre lassitude.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-09-2006

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