.:.Chronique.:.

Pochette

Beat Pharmacy

Constant Pressure

[Deep Space Media/Nocturne::2006]

|01 Club Dread feat. Mickey Dread|02 Tangerine|03 Caramel|04 Hot Spot Splash feat. Paul St Hilaire|05 Velocity|06 Slow Down|07 Pieces feat. Ursula Rucker|08 Worship|09 Wata (Water) feat. Mutabaruka|10 Rat Race|11 Floating|

Après avoir fait ses armes sur Astralwerk, Six Degrees ou King Street, Brendon Moeller (que l’on connaît aussi sous les nom d’Echologist et de Mono Blanco) poursuit l’élaboration d’une musique électronique mutante qui se voudrait comme un patchwork de genres qui viendraient se fondre tout naturellement sous le même moule. Beat Pharmacy ou comment faire coexister électro, jazz, dub et reggae. En soi la formule n’est pas forcément très neuve mais Moeller fait montre d’une certaine dextérité à manier et construire des espaces sonores solides et sans fioritures. Pourtant le premier morceau, où apparaît Mickey Dread, ne plaidait pas fatalement en faveur de Beat Pharmacy. On craignait que de nombreux tics viendraient s’agglutiner sur cet album, ruinant tous les efforts de Moeller dans cette recherche de liberté musicale. On pourra se rassurer car très rapidement Constant Pressure se met en place, déploie toute une palette de sonorités oxygénées aux lignes de basses profondes mais tout aussi soyeuses. De plus Mickey Dread ne sera pas le seul à intervenir sur ce disque. Beat Pharmacy aura pu compter sur les collaborations de la très suave Ursula Rucker, Paul St Hilaire (Tikiman) et Mutabaruka (aka Allan Hope), Rastafarian bien connu. Ces interventions, mine de rien, donnent une ampleur supplémentaire à cet album.

Pourtant Beat Pharmacy en avait-il vraiment besoin ? C’était sans doute la cerise sur le gâteau car quand il évolue seul il apparaît tout aussi intéressant, voire plus. Même s’il ne réinvente pas forcément le genre, Moeller est pétri de bonnes intentions et les bonnes idées fourmillent sur ce disque. Constant Pressure est de ces disques que l’on apprécie à l’écoute sans que l’on se sente obligé de l’encenser envers et contre tout. Malgré sa longueur, qui pourrait fatiguer l’auditoire, ce disque est d’une écoute facile et sa richesse sonore plaide largement pour lui. Suffisamment en tout cas pour ne pas le jeter dans les oubliettes et le cataloguer comme un album trop facile. Et de facilité, ici, il n’y en a pas. Et c’est déjà une performance dans un créneau où tout ou presque a été dit ou fait et où il est devenu difficile de sortir de la masse et de créer une entité musicale originale. C’est sans doute ce qui sauve Beat Pharmacy.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 23-07-2006

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