.:.Chronique.:.

Pochette

Sir Alice

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[Tigersuchi/Kwaidan Records/Discograph::2006]

|01 Cadavre Exquis|02 L'Amour Made In Taiwan|03 Te Souviens-Tu De Toi?|04 Psychophase|05 ???|06 Docteur X|07 Un Crapaud|08 Comptine|09 Polaroïd|10 Confused|11 Princess|12 Closer|

Alice Daquet n’est pas très prolixe quand il s’agit de donner des noms à ses disques. Après deux premiers EP brièvement intitulés 1 et 2, Sir Alice donne un titre tout aussi court et proprement énigmatique pour ce premier album. ?, pour susciter toutes les interrogations. Il est vrai que le personnage a tout pour fasciner. Cette jeune femme qui a réussi à intégrer l’IRCAM après des études de psychologie cognitive et de neurosciences a sans aucun doute eu un parcours à part pour quelqu’un qui se présente comme une sorte d’ovni électro-punk, une véritable performeuse scénique prompte à toutes les provocations tout en présentant une musique résolument riche et qui ne doit rien à l’amateurisme. Sir Alice est unique dans le paysage musical hexagonal et l’incarnation de l’insolence même. En une poignée de disques la jeune femme dit tout ou presque, range aux oubliettes l’idée, à présent galvaudée, du mauvais goût à la française. En passant par l’introspection électronique, les découpages sonores très ircamesques et ludiques, les efforts à la Sonic Youth et les performances proches du noisy, Sir Alice porte un regard sur elle-même en même temps qu’elle en pose un sur nos humbles personnes.

Il serait inutile de cataloguer ce disque tant Sir Alice expérimente tous azimuts. Et pourtant elle impose sa marque de manière irrémédiable. De quoi, en tout cas, reconnaître en un rien de temps son empreinte musicale entre mille. La musique de Sir Alice inquiète autant qu’elle stimule. Par moment vous vous demandez vraiment où vous mettez les pieds mais bien vite on se sent happé par la complexité des productions de cette blonde hallucinée. Comme quoi sortir de l’IRCAM ne vous marque pas à vie une image d’universitaire en pull-over prompt à créer une identité sonore que peu arrivent vraiment à déchiffrer. L’air de rien Sir Alice rend facile une musique qui ne l’est pas de prime abord. Antithèse de toute mièvrerie à la guitare sèche et de chansons balbutiées entre milles pleurnicheries, Alice Daquet se révèle à nous comme une icône qu’on a envie de vénérer comme jamais. Profitons-en, ça n’arrivera pas souvent par ici.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 20-07-2006

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