.:.Chronique.:.

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Paz E Futebol

[Sonar Kollektiv/Nocturne::2006]

A l’heure où j’écris cette chronique le Brésil a été éliminé par la France en quart de finale de la coupe du monde 2006 en Allemagne grâce à une reprise de volée à bout portant de Thierry Henry. Ce soir-là on a dit que les Brésiliens étaient en blanc. Pas faux. Tout le monde avait cru que le Brésil avec sa pléiade de stars n’aurait fait qu’une bouchée de l’équipe française composé pour beaucoup de vieux grognards qu’on disait quasiment finis. On s’estimait heureux, les quarts de finale, pensez-donc ! Pour une équipe à qui on prédisait une disparition rapide au premier tour, les voilà présents aux portes de la finale. Ce soir-là les Bleus furent étincelants, asphyxiant une seleçao incapable d’imposer son jeu. Une victoire qui fait chaud au cœur et qui permet de rêver comme en 98. D’ailleurs, comme en 98, on avait dit que l’équipe de France ne valait pas un clou. C’est typiquement français, on ne retient pas les leçons du passé. A croire que dans ce pays on aime la stratégie de l’échec. Le parcours de Zidane et de ses coéquipiers c’est le plus beau bras d’honneur adressé à une population ingrate, porteuse de petite misère et jouisseuse de la défaite. Ces gens-là ne mesurent même pas la chance de posséder de tels joueurs. Tant pis pour eux.

Au vu de cette performance on peut bien poser sur sa platine cette sélection élaborée par Jazzanova, histoire de ne pas oublier qu’au Brésil il n’y a pas que le football mais que celui-ci est souvent associé à la musique locale. D’ailleurs on connaît assez mal les artistes brésiliens hormis les grands noms qui ont réussi à s’exporter hors de leurs frontières. Cette compilation met en œuvre des mélodistes hors pair mais qui par chez nous sont inconnus ou ont un succès éphémère. Qui aujourd’hui connaît les Marcos Valle, Boca Livre ou Arthur Verocai ? Et encore si on parle de João Bosco on n’est pas sûr que cela évoque quelque chose au plus grand nombre. Peu importe car à l’instar de leurs compatriotes footballeurs, ces artistes-là sont de purs magiciens. Jazzanova a vraiment eu le nez creux, ne se trompant vraiment pas sur une sélection impeccable. De quoi se réconcilier avec toutes les tendances de la bossanova et de regretter d’avoir éliminé ces poètes du ballon rond. Peut-être que certains trouveront ce disque un peu kitsch mais il nous rappelle très justement que les Brésiliens restent musicalement inimitables et que nous sommes encore très loin d’avoir tout entendu de ce qui provient de ce pays. C’est comme si on les redécouvrait. Ici on ne jongle pas avec le ballon mais avec les sons et les mélodies. A vrai dire c’est tout aussi bien.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 17-07-2006

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