.:.Chronique.:.

Pochette

Silent Poets

Sun

[Poussez !/Nocturne::2006]

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Le trip-hop et le down tempo c’est un peu comme le latin ou le grec, ils ne sont pas nombreux encore à y toucher. Michiharu Shimoda, lui, ne s’en est pas encore remis et six ans après le remarqué To Come il semble vouloir croire que le genre n’est pas tout à fait mort et qu’il y a toujours de la place pour son projet Silent Poets. Alors que Massive Attack n’est plus que l’ombre de lui-même, que Portishead prend fortement le chemin d’une carrière à la My Bloody Valentine et que tous les autres outsider ont peu ou prou disparu de la circulation il apparaît étonnant aujourd’hui d’avoir un disque de Silent Poets entre les mains. Si Sun nous apparaît quelque peu anachronique, Shimoda a encore quelques arguments à faire valoir. Entouré d’Alain Ho, Shawn Lee et Everton Nelson, Shimoda produit un album qui répond comme un lointain écho à To Come. Les arrangements sont soignés, on plombe le tout avec des violons pleurnichards et on respecte au détail près les dogmes soyeux du trip-hop.

Même si ce disque ne fera peut-être qu’intéresser les nostalgiques, celui-ci n’est pas dénué d’atouts. Certes Shimoda n’est pas un innovateur, il passerait presque aux yeux de certains comme un décorateur d’ambiance mais de grand standing. Sun survient comme si il ne s’était rien passé depuis six ans, comme à la grande époque où l’engouement pour la chose trip-hop était à son paroxysme. Aujourd’hui on ne peut pas dire que le genre se porte à merveille. Pourtant les nostalgiques évoqués plus haut sont sans doute plus nombreux qu’on ne le croit. Si Sun reste un album tout à fait honorable il ne semble pas aussi aventureux qui s'il était sorti quelques années plus tôt. Une histoire de contexte, probablement. On joue ainsi sur la sécurité et sur la technique pour faire passer la pilule. Celle-ci n’est bien sûr pas si difficile que cela à avaler mais n’empêche pas de penser que Silent Poets tourne un peu en rond. Comme quoi, faire un disque qui sonne agréablement à l’oreille ne suffit pas toujours.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 12-07-2006

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