.:.Chronique.:.

Pochette

Atone

Un An

[Autres Directions In Music/La Baleine::2006]

|01 Introduction|02 Une Longue Nuit|03 Accordéon|04 Verset|05 Au Revoir|06 Cordes|07 Piano|08 Résonance|09 Rupture|10 Seul|11 Kaboul|12 Mélodicas|

Antoine Monzonis-Calvet a de multiples visages et Atone est l’un d’entre eux. Activiste des musiques dites cérébrales depuis presque dix ans, l’Angevin a trouvé refuge sur le label Autres Directions In Music pour sortir les production d’Atone. Après un premier EP (Un Jour) paru en 2004, Un An se présente comme le premier album d’un artiste de musique électronique émotionnelle. Evoluant dans le même sillage que toute la faune d’artistes atmosphériques et d’électronique brumeuse, Brian Eno en tête, Atone n’hésite pas à greffer une instrumentation plus organique. Cela a été d’autant plus facile pour lui qu’il est multi-instrumentaliste et son passage dans le monde du post-rock n’y est sûrement pas étranger. En général un post-rockeux se doit d’être un musicien accompli et, ici, on sent bien que c’est le cas. Au milieu de différentes nappes, Atone transpose des instruments acoustiques et donne ainsi une unité et une teneur particulière à chacun de ses morceaux. A la fois sombre, avec quelques influences post-industrielles, et porté vers le rêve l’Angevin semble favoriser la lenteur comme pour donner plus d’ampleur à ses compositions. Le résultat est assez saisissant.

S’il aura fallu un an pour concevoir cet album il nous faudra moins de temps pour pénétrer cette œuvre introspective. Pas que Atone fasse ici un disque réellement original mais il possède une force de persuasion des plus efficaces. Produit avec justesse, il développe une douce mélancolie qui est sans cesse en mutation. Si le fond du disque tourne autour de l’intimité, Atone arrive à rendre ses formes très malléables. Ne restant jamais figé sur la même idée conceptuelle, l’Angevin malaxe tous les attributs sonores qu'il a à sa disposition pour créer des schémas musicaux ambitieux. Dans un genre qui a été maintes fois repris, digéré ou adapté, Atone arrive à s’en sortir avec une certaine classe sans tomber dans les aléas les plus ennuyeux. Je le répète, Un An est un disque mélancolique mais sa beauté n’est certainement pas négligeable. Atone confirme et c’est tant mieux.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 07-07-2006

A voir également :

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