.:.Chronique.:.

Pochette

De Dionyso, Arrington

Breath Of Fire

[Krecs::2006]

Echappé temporairement de son groupe Old Time Relijun, Arrington De Dionyso s’est donné le temps de sortir un disque atypique dont il a le secret. Déjà véritable ovni avec Old Time Relijun, De Dionyso cultive sa différence avec un album conceptuel qui pourrait bien faire grincer quelques dents à qui n’est pas habitué à l’univers expérimental du personnage. Breath Of Fire est tout imprégné de mysticisme et son approche épurée fait penser à une longue introspection ou une espèce de retour à l’état primitif. Ne se satisfaisant que d’un matériau brut, De Dionyso étonne dans sa manière de modeler instinctivement ses morceaux. N’utilisant que sa voix, une clarinette basse, un khomuz sibérien et quelques objets de la vie quotidienne, l’Américain a soigneusement évité de traiter électroniquement ses enregistrements, leur donnant ainsi une essence primale. Le résultat est assez étonnant et si on sent bien une forte improvisation dans l’approche musicale (De Dionyso ne renie d’ailleurs pas ce genre d’influence) notre homme n’en est pas moins habité par ce qu’il entreprend ici.

Il faut d’ailleurs bien l’être un petit peu pour se lancer dans ce genre d’expérimentation de tous les dangers. Pour un premier disque solo notre homme fait sûrement là l’album de ses envies. Breath Of Fire n’est pas facile à cerner mais il est à la recherche d’une communion spirituelle avec ses auditeurs. Au premier abord ce disque pourrait presque passer pour une fantaisie délirante de son auteur mais celui-ci s’applique à ne pas rendre ses constructions sonores secondaires. Breath Of Fire semble tout droit sorti de temps reculés, insistant sur des sentiments primitifs dont on ne saurait situer la provenance. Son chant diphonique fait le lien avec l'état des choses. C’est aussi un hommage à l’humanité puisque ce chant ancestral est présent dans bien des coins du globe et fait logiquement référence à une histoire commune des peuples. Breath Of Fire est certes un disque difficile mais son intensité annihile toutes les réticences.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 30-06-2006

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