.:.Chronique.:.

Pochette

Colleen

The Golden Morning Breaks

[Leaf::2005]

|01 Summer Water|02 Floating In The Clearest Night|03 The Heart Harmonicon|04 Sweet Rolling|05 The Happy Sea|06 I'll Read You A Story|07 Bubbles Which On The Water Swim|08 Mining In The Rain|09 The Golden Morning Breaks|10 Everything Lay Still|

En peu de temps b>Cécile Schott s’est fait un nom grâce au pseudonyme qui lui sert pour sortir ses disques. Le premier album de Colleen (Everyone Alive Wants AnswersLeaf – 2003) avait déjà étonné son monde. The Golden Morning Breaks sera le disque de la confirmation, histoire de dire qu’on ne s’était pas trompé en l’acclamant trop vite. Ainsi Colleen ne sera pas qu’un vulgaire feu de paille qui n’aura pu se consumer le temps d’un album. Manifestement la plaisanterie dure et même si Cécile Schott n’a pas une notoriété énorme, on la prend désormais au sérieux, quelqu’un sur qui on pourra miser à l’avenir. En deux albums, aussi différents l’un que l’autre, du moins dans la forme, la jeune femme s’est fait une place appréciable, voire unique, dans l’intelligentsia électronica . The Golden Morning Breaks est l’œuvre d’une solitaire qui s’adresse à des solitaires. Purement intimiste, d’une fragilité cristalline, on dirait que ce disque nous vient directement de ces pays nordiques qui sont régulièrement balayés par un froid polaire. Et pourtant Cécile Schott nous vient bien de Paris, capitale du franchouillard râleur et du pays de Michel Sardou et de Pascal Obispo. Comme quoi, tous les espoirs sont permis. Ce disque diaphane se vit comme une expérience onirique. Utilisant des sonorités tonales il semble hors du temps, hors de toute urgence. On prend alors le temps de respirer, de prendre à plein poumons une bonne bouffée d’oxygène et enfin de s’asseoir quelques instants.

Donc oui, la confirmation est bien présente. Là où beaucoup s’effondrent dès le deuxième album, Colleen garde le cap et serre les vis en sortant ce disque émotionnellement fort. Proche d’un Brian Eno période Obscure, voire plus près de nous des productions du label Plop, la Française explore les tréfonds de l’âme avec une musique qui échappe à tout larmoiement. On aurait pu, effectivement, tomber dans une forme de pathos qui aurait pu être dramatique pour l’ensemble du disque. Colleen contourne ce genre de difficultés et va chasser sur les terres de tous ces groupes nordiques, Sigur Ros en tête, qui pensaient bien prospérer sur un territoire musical protégé. Et la performance est de taille car bien souvent Cécile Schott surpasse tous ces groupes atmosphérico-polaires, les surclassant dans l’émotion et la justesse mélodique. Ainsi on ne le dira sans doute jamais assez mais Colleen est en train de devenir, si cela n’est déjà fait, indispensable. Rien de moins.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 20-06-2006

A voir également :

http://www.colleenplays.org

http://www.theleaflabel.com

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