.:.Chronique.:.

Pochette

Dictaphone

Vertigo II

[City Centre Offices/La Baleine::2006]

|01 Rising Minimal|02 Night Rain|03 K 1 |04 K 2|05 Jarszewko|06 The Last Song|07 Ytinav|08 Vertigo II|09 The Frame (1-94-1)|10 Dictaphone|11 Le Chasseur (Danke)|12 Pol/Bruxelles|

Faisant suite à M=Addiction (2002) Vertigo II est le second album du duo Dictaphone formé par Oliver Doerell et Roger Döring. Lorgnant très largement vers un univers cinématographique et jazzy, la doublette germano-belge s’adresse directement à un public de noctambules et de passionnés d’un cinéma type nouvelle vague ou intellectualisé. On imagine très bien ce disque illustrer un film de Wim Wenders ou d’un Fassbinder. Evidemment le duo joue sur une certaine lenteur, une musique en apesanteur et sur des ambiances sombres qui font également penser au Tuxedomoon des belles années. Cependant là où Tuxedomoon se révèle d’une absolue noirceur, Dictaphone se veut un peu plus souple et plus ouvert. Evoluant avec fluidité, le duo appose avec une timidité presque maladive des click and cuts et autres traitements électroniques discrets et minimaux. Même si Vertigo II est le reflet d’une architecture sonore complexe ce disque n’en est pas moins suave et relaxant. Véritable voyage au bout de la nuit, ce disque à fleur de peau échappe à l’exercice de style. Les atmosphères ne sont pas artificielles mais bien en adéquation avec la fibre légère et empruntée de cette vision cinématographique moderniste.

Ainsi, en toute modestie, Dictaphone délivre un second opus évocateur où l’on peut aisément se laisser transporter par les mélodies soyeuses et raffinées du duo. Cependant on ne peut s’empêcher d’éprouver un certain malaise. Si la musique de Dictaphone est sereine et empreinte d’apaisement, il existe ici une évocation plus ou moins malsaine de la nuit, un côté un peu oppressant des bas-fonds urbains. Vertigo II est un disque ambigu qui nécessite plusieurs lectures pour pouvoir apprécier toutes ses nuances. A chaque écoute on a l’impression de le redécouvrir, de percevoir ça et là des choses qu'on n'avait pas décelées auparavant. On ne sait vraiment si Vertigo II est un hommage plus ou moins appuyé à l’œuvre de Hitchcock mais il s’avère que ce deuxième effort de Dictaphone est bien intriguant au point de devoir le réécouter sans déplaisir afin de débusquer ses multiples facettes.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 16-06-2006

A voir également :

http://www.dictaphone-music.de

http://www.city-centre-offices.de

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