.:.Chronique.:.

Pochette

Huntemann, Oliver

Fieber

[International Deejay Gigolo Records/Confused Recordings/Nocturne::2006]

|01 37°|02 50.1|03 Black Ice feat. Stephan Bodzin|04 Cracker Capers|05 Radio|06 Orient Express|07 Scary Love feat. Chelonis R.Jones|08 Rubin feat. Stephan Bodzin|09 French Fries|10 Flesh|11 Matchbox|12 Rotodrom|

Il devient de moins en moins évident d'être original en musique électronique. On sait bien que les machines offrent des possibilités infinies de création mais force est de constater que l'euphorie de la décénnie précédente est retombée, d'où cette désagréable impression que l'on tourne inéxorablement en rond. Nous sommes revenus dans la normalité et dans la masse des productions, il apparaît difficile de se retrouver. On tente de créer des genres, bien sûr, mais sous couvert de dénominations absconses, il n'y a rien de bien neuf et on assiste à des révolutions de pacotille. Que nous reste-t-il ? Il nous reste des gens qui, à défaut d'être des visionnaires, nous offrent avec la meilleure volonté du monde des albums largement satisfaisants sur lesquels on peut bien s'enthousiasmer le temps d'une écoute.

Oliver Huntemann est sûrement de ceux-là. Nous promettant la fièvre, le Brémois ne se démarque pas vraiment par son originalité. Cependant l'homme a de la ressource. Comme beaucoup de ses comparses de chez International Deejay Gigolo l'homme sait mettre un groove irrésistible dans sa musique. Proche d'une mouvance à la DJ Hell, Huntemann déclame tout au long de son album une techno minimale dansante et crâneuse. Très efficace dans ses effets, l'Allemand offre des rythmes robotiques auxquels on aurait pu greffer une bonne dose d'humanité. D'où le côté groovy. Fieber est un album homogène qui, même s'il est un appel pour aller perdre haleine sur les pistes de danse, ne sort pas trop des sentiers battus que son auteur a tracés. Le disque en lui-même est irréprochable dans son genre et heureusement puisque chez les Gigolos on mise beaucoup sur Huntemann. Vous pourrez prendre ce disque dans tous les sens, on ne pourra guère y déceler la moindre faille.

Alors, on se contentera de ça. Un bon album de musique électronique minimale dance-floor qui puise très largement ses idées chez ses glorieux ainés et qui, sous le couvert d'une apparente intégrité, ne déçoit pas vraiment. Fieber est le genre de disque avec lequel on prend du plaisir et rien d'autre. En soi, cela suffit aujourd'hui pour qu'Oliver Huntemann trouve preneur.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 30-05-2006

A voir également :

http://www.huntemann.co.uk

http://www.gigolo-records.de

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