.:.Chronique.:.

Pochette

Stelzer, Howard & Ielasi, Giuseppe

Brombron 08:Night Life

[Korm Plastics/Metamkine::2006]

|01 Ruin 1|02 Ruin 2|03 Ruin 3|04 Losing Our Taste For The Night Life|

Le huitième volume de la série Brombron initié par Frans De Waard met en scène pour la première fois Howard Stelzer et Giuseppe Ielasi. Il est d'ailleurs étonnant que les deux hommes n'aient pas eu l'occasion de collaborer ensemble depuis le temps qu'ils se connaissent. Les deux hommes trop préoccupés par leurs propres productions et leur label respectif (Intransitive pour Stelzer et Fringes pour Ielasi) n'ont jamais pu trouver un moment pour s'associer sur un même disque. Lorsqu'on leur a offert une résidence pour Brombron l'occasion était trop belle pour ne pas être prise. Night Life, résultat de cette rencontre, est sans doute à l'image des deux amis. Leur goût prononcé pour l'expérimentation et les manipulations sonores est bien représenté ici. L'improvisation est aussi un credo que Stelzer et Ielasi maîtrisent avec aisance. Il vaut d'ailleurs mieux puisque la série Brombron impose ce genre d'exercice aléatoire et dangereux.

Si l'improvisation du duo repose sur une orchestration presque classique qui tourne autour d'une guitare et des traitements électroniques, Stelzer et Ielasi ont agrémenté leur effort par de sons environnementaux (essentiellement enregistrées sur bandes magnétiques) qui arrivent sérieusement à brouiller les pistes. Entre déstruturation bruitiste, ambiance post-industrielle et quelques échappées modernistes le duo semble être des adeptes de l'effondrement sonore. Ce n'est sans doute pas pour rien que les trois premières pièces de l'album tiennent sur le vocable "Ruin". Une musique de ruine, d'après apocalypse comme si toutes les normes musicales étaient parties en lambeaux tellement sclérosées qu'elles ont fini par imploser d'elles-mêmes redonnant ainsi toute liberté de création en abolissant les régles. Les intentions de Stelzer et de Ielasi ne sont peut-être pas aussi radicales mais dans le fond ils arrivent à donner libre cours à toutes leurs fantaisies en créant une musique qui détruit quasiment tout sur son passage. Night Life est en fait un véritable rouleau compresseur.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 09-05-2006

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