.:.Chronique.:.

Pochette

Public Enemy

Rebirth Of A Nation

[Guerilla Funk/Nocturne::2006]

|01 Raw Sh*t|02 Hard Rhymin'|03 Rise|04 Can't Hold Us Back|05 Hard Truth Soldiers|06 Hannibal Lecture|07 Rebirth Of A Nation|08 Pump The Music, Pump The Sound|09 Make It Hardcore|10 They Call Me Flavor|11 Plastic Nation|12 Coinsequences|13 Invisible Man|14 Hell No (We Ain't Alright) (Paris Remix)|15 Watch The Door|16 Field N*gga Boogie (XLR8R Remix)|

Public Enemy est décidément bien de retour. Décidé à ne plus perdre de temps Chuck D et Flavor Flav sortent en moins d'un an leur second album alors qu'on sait qu'un troisième attend bien sagement, portant le doux nom de How To Sell Soul To Souless People Who Sold Their Soul. Initialement prévu pour sortir avant New Whirl Odor, Rebirth Of A Nation avait été repoussé à cette année. La faute à un conflit qui opposait Public Enemy à Paris, le producteur du disque. Il semble bien que la brouille soit effacée et fasse plus partie à présent de l'histoire ancienne qu'autre chose. Rebirth Of A Nation n'est pas la première fois que collaborent ensemble Public Enemy et Paris. Les deux entités s'étaient, en effet, déjà rencontrées pour le Sonic Jihad de Paris. Ce dernier rend donc la pareille aux New-yorkais apportant ainsi sa pâte West Coast à un Public Enemy qui est certainement habitué à moins de rondeurs. Cependant il n'en demeure pas moins que la hargne légendaire de Chuck D est toujours au rendez-vous et qu'il confirme que New Whirl Odor n'était pas simplement qu'un sursaut d'orgueil. A cela vous ajoutez les sempiternels featurings (Dead Prez, Kam, MC Ren de N.W.A., The Conscious Daughters et Immortal Technique) et vous obtenez un disque de Public Enemy qui tient la route mais qui semble un peu en-dessous de New Whirl Odor.

Sans doute moins incisif que son prédécesseur, Rebirth Of A Nation possède une intention réelle d'aller de l'avant comme si Public Enemy était dans une phase de reconquête d'une crédibilité qui, loin d'être perdue, s'était laissée dépasser par de jeunes pousses arrogantes. Si Public Enemy inspire toujours du respect, il n'occupe plus vraiment le haut du pavé. Mais l'important pour Chuck D n'est-il pas de faire passer les messages revendicateurs qu'ils véhiculent ? Faire évoluer les conscience ? Ici la classe politique en prend pour son grade et Bush en particulier. Quoi d'étonnant en même temps ? L'homme considéré comme le président le plus mal élu des Etats-Unis n'a jamais cessé en deux mandats de poursuivre des ambitions folles et difficilement justifiables oubliant de s'occuper des problêmes de fond qui rongent son pays. Public Enemy n'est que le vecteur d'un mécontentement grandissant et on peut leur faire confiance pour ne pas prendre de gants. Si Rebirth Of A Nation n'est pas un grand cru, il possède néanmoins une force intacte qui pourra aisément ravir les fans. Public Enemy continue d'être le poil à gratter du rap US et ce n'est pas plus mal.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 26-04-2006

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