.:.Chronique.:.

Pochette

Passe Montagne

Long Play

[Ruminance/PIAS::2006]

|01 Carboglace|02 Dactiloca|03 El Cartucho|04 Tirefesse To Heaven|05 Sierra Perdida De Los Tayronas|06 Bomarzo|07 Altamonica|08 Crocodile Empire|09 Song And Dance|10 El Dorado Enemigo En Polvo|11 Automatic Video|12 Dracula|13 Lafayette|

Passe Montagne est le nouveau projet de Julien Fernandez aka Julien F de Chevreuil. Il le fallait bien puisque Tony C., le guitariste des mêmes Chevreuil avait profité d'un moment de battement pour mettre au jour le premier album de Percevalmusic. Il y a donc bien une vie en dehors d'un Chevreuil qui, à présent, se diversifie au gré de ses envies. Epaulé par Gilles Montaufray et Samuel Cochetel, Julien Fernandez est en train de gagner un pari qu'il n'est pas toujours facile de tenir. Mener de front deux projets comme Passe Montagne et Chevreuil aurait pu se révéler être un vrai casse-tête et l'une des deux formations aurait pu en pâtir. En tout cas Long Play, le mal nommé (le disque ne durant pas plus de vingt-cinq minutes), ne donne pas l'impression que le groupe ait le moindre complexe. Vite identifié comme un enfant de Shellac, Passe Montagne délivre un premier album résolument électrique, brut, utilisant des rythmes courts, cassants, nerveux mais toujours à fleur de peau. Purement instrumental, à l'exception de Song And Dance, Passe Montagne arrive à exprimer tout son potentiel avec force et détermination.

Long Play est donc un pur plaisir. Un plaisir certes court mais très bon. Ici, il n'y a pas le temps pour les atermoiements. On rentre tout de suite dans le vif du sujet, on retient sa respiration et on serre les dents. En même temps, en vingt-cinq minutes, il serait assez ridicule de faire des tergiversations sonores. Passe Montagne s'offre à nous dans une débauche d'énergie qui est relayée par quelques moments d'apaisement. L'effort est louable parce que tenir tout ce temps en apnée c'est courir des risques insoutenables. En tout cas, Long Play est un concentré de puissance maîtrisée, un disque frontal qui ne fait aucune concession. On se croirait revenu aux belles heures des Shellac, Oxbow et autres US Maple. Sans faire de nostalgie, c'est peut-être ce qui pourrait nous arriver de mieux. Un retour à la véritable énergie, celle qui met en transe et fait pleurer de bonheur. Des groupes comme Passe Montagne contribuent surement à ce retour en grâce. Et c'est tant mieux.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-04-2006

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