.:.Chronique.:.

Pochette

Level

Cycla

[Spekk/Mochi Mochi::2006]

|01 Sensit|02 Colimn|03 Desagn|04 Resinn|05 Aler Besc|06 Formen|07 Ferna|

Barry G.Nichols, avant de sortir ce disque sous le nom de Level, a une carrière bien remplie sous les pseudo Si-COMM et ECM:323 qui dure depuis au moins 22 ans. 22 ans d'activisme pendant lequel le Britannique n'a toujours pas fini de faire le tour de la question de la musique électronique minimale. Ce nouveau projet vient comme pour justifier les deux autres ou au moins Si-COMM. Disque organique Cycla embrasse la cause minimaliste et brumeuse à bras-le-corps. Si on pourra trouver une certaine forme d'académisme dans les compositions de Nichols, ce dernier arrive à donner une dimension touchante qui ferait presque penser à une aurore boréale, la fluidité et la froideur réunies sur un disque sans âge et qui semble taillé dans un iceberg. Qu'on ne s'y trompe pas Cycla n'est pas à proprement parler un disque d'ambiant. Il n'y a pas vraiment de nappes monolithes et encore moins de longues séquences linéaires. Nichols s'est efforcé ici de présenter des mélodies que lui-même présente comme fracturées. Des mélodies qui, si on y prend garde, n'ont pas cette facheuse tendance à se répéter. On utilise ici allègrement les bifurcations, les retournements de situation, bref des changements de directions que l'on pourrait qualifier d'aléatoires pour ne pas dire imprévisibles.

Cependant cette fluidité évoquée plus haut donne cette impression de continuité dans les compositions comme si on avançait à tâtons, comme un somnambule. Une écoute attentive permet rapidement de changer son jugement. Pourtant Cycla fait partie de ces albums qu'on a une fâcheuse tendance à n'écouter que d'une seule oreille. Pour tout percevoir de Cycla il paraît donc assez saugrenu de faire autre chose en même temps. Sans faire vraiment preuve de génie, B.G.Nichols met suffisament de subtilité et de relief dans ses morceaux pour qu'il se situe en dehors des sentiers battus. Certes on ne tombera pas forcément à genoux devant ce disque mais il arrive à prospérer dans une veine qui de moins en moins, ces derniers temps, parvient à faire saliver. Soit on tourne définitivement en rond, soit nous sommes dans une fin de cycle. Dans tous les cas Level signe un album à la beauté polaire évidente qui, grâce à ses irrégularités, ne tombe jamais dans la banalité.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 06-04-2006

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