.:.Chronique.:.

Pochette

Inoue, Tetsu

Yolo

[DIN/Import::2006]

|01 Tane|02 Remote|03 Particular Moments|04 Curve|05 O Shape|06 Flow|07 Equation|08 Sour Cloud|09 Super Nature|10 Spirit Of Data|

Le neuvième album solo de Tetsu Inoue est à l'image de la carrière de l'homme. Ayant une discographie plus que fournie (le nombre de ses disques solo ne sont rien en comparaison de ses collaborations et interventions - Pete Namlook, Taylor Deupree, Bill Laswell, Jonah Sharp, Richard Chartier ou Atom Heart -) Inoue aura su se faire discret, ne faisant pas partie des figures les plus emblématiques des musiques ambiant et minimales il a néanmoins réussi à gagner le respect de ses pairs ainsi que d'un public fidèle. En conséquence de quoi il est toujours appréciable d'avoir des nouvelles de ce batisseur sonore qui une fois de plus avec Yolo fait montre d'une maitrise appréciable de la chose électronique. Minimal, froid et aérien tels sont les qualifiquatifs que l'on pourra donner à ce nouveau disque du new-yorkais. En même temps cela a toujours été un peu son registre et l'on ne s'étonnera guère par la direction prise par ce Yolo. Cela n'empêche cependant pas de se rendre compte que Tetsu Inoue connait encore l'inspiration. Il aurait pu se contenter d'un service minimum que cela aurait été amplement suffisant pour beaucoup de monde. Notre homme possède une personnalité complexe et cela se ressent dans sa musique. Rien n'y est jamais simple, monocorde ou sans reliefs.

Yolo n'est pas un disque cotonneux qui ne reposerait que sur des nappes. Inoue nous entraine sur un terrain assez aventureux où les sonorités sont tranchantes comme du verre et qui ouvre une porte sur de grands espaces. Si les nappes épaisses existent bien ici elles sont toujours contrebalancées par des séquences électroniques plus courtes, légères, souvent abstraites et à l'architecture parfois accidentée. Rien ne laisse supposer dans quelles directions va évoluer Inoue. Il varie ses effets au gré de ses humeurs et sans brutalités ou cassures il sait nous prendre à contre-pieds. Non, décidément, la monontonie n'est pas son truc. Et pourtant c'est souvent ce que l'on a pu reprocher au genre. Cette espèce de ligne introspective qui ne change que de façon partielle, une forme monolithe qui trouve très rapidement ses limites. Inoue brise cette image surfaite et prouve que ces musiques à longues portées ne sont pas aussi refermées sur elles mêmes.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 13-02-2006

A voir également :

http://www.DiN.org.uk

http://music.hyperreal.org/artists/tetsu/

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