.:.Chronique.:.

Pochette

Wayne B

Night Of The Hunter

[Quatermass/Nocturne::2005]

|01 Souvenir|02 Lures & Snares|03 Oak (In The Small Hours)|04 Dogville|05 Articles Of Faith|06 Ten To One|07 Garden Of The Weaver|08 Langor Train|09 See Through|10 Back Porch Apology|

Après avoir fait partie de Bowery Electric et Windsor For The Derby, Wayne B. Magruder s'est ensuite distingué au sein de Calla, formation ô combien méritoire. Sous le diminutif de Wayne B, Magruder sort ses propres disques et compte bien qu'on le prenne au sérieux. Le parcours de l'Américain est suffisamment éloquent pour qu'on jette une oreille attentive à ce nouveau projet. Epaulé au chant par la Berlinoise Jana Plewa et la New-Yorkaise Daphné Gannon, Wayne B nous délivre un album intimiste qui s'installe progressivement dans les esprits. Avec un calme olympien, Magruder nous offre des ritournelles électro-folk aux effets dévastateurs. Et le mot n'est sans doute pas trop faible. Pourtant après quelques écoutes distraites ce disque ne m'était pas apparu d'une évidence folle. Pire, je n'arrivais pas à le cerner et m'apprêtais à le descendre en flammes. Il aura suffi de l'entendre dans des circonstances différentes pour que je constate mon erreur et revoie mon jugement en célébrant ce que je n'avais su déceler jusque-là. Comme quoi, cela ne tient souvent qu'à pas grand-chose.

Comme le laisse entendre le titre du disque, Night Of The Hunter est un album pour noctambules. Les morceaux sont à la limite du vaporeux mais laissent largement entrevoir une place pour la rêverie. Les guitares claires enrobées de basses moelleuses et lourdes font merveille et touchent juste. Les mélodies gracieuses, qui auront le seul défaut de laisser une trop grande part à la répétition, touchent à chaque fois dans le mille. Entre sophistication et une suave fragilité, Wayne B sait rester humble. Night Of The Hunter n'est pas l'oeuvre d'un amateur aux émotions instables. Jamais on ne tombe dans le pathos mais l'Américain se garde bien de ne pas tomber dans trop d'effets de style. Ce disque est la justesse même. Un juste milieu est trouvé, un point d'équilibre qu'il sera difficile de perturber. Pour couronner le tout, les apparitions de Jana Plewa et de Daphné Gannon sont autant de moments de grâce qui finissent par achever toutes les réticences. La boucle est bouclée.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 11-02-2006

A voir également :

http://www.wayneb.net

http://www.quatermass.net

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