.:.Chronique.:.

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Crème De Menthe

The Impossibility Of Eroticism In The Suburbs

[Disko B/Nocturne::2005]

|01 Abduction|02 A Hunger That Never Ends|03 Do You Want My Love?|04 ElektroBAS|05 SadomasochistUs|06 Destroy The Human Race|07 We're Living In The Night|08 They're Hot|09 Crack The Burning Whip|10 Ryah-Dam|11 Plastique|12 Vernischtet Die Meinschheit|

Il est toujours amusant de voir comment on peut évoluer du métal vers la musique électronique. Bien que ces dernières années on a vu que les deux genres ne sont pas forcémment incompatible il est plus rare de voir des gens virer complêtement de bord. Le cas d'un Mick Harris n'est sans doute pas unique mais force est de constater que peu ont franchi le pas. Matthew Aldworth aura évolué en ce sens. Son passé de métalleux ne sera que pour l'anecdote puisque c'est vraiment dans la musique électronique que l'écossais aura su se faire connaître d'abord en tant que producteur puis sous le pseudo Crème De Menthe. The Impossibility... est son premier album après un E.P. ( Plastique ). La première question auquelle on est en droit de se poser est de savoir si la musique de Aldworth est aussi kitsch que le pseudo dont il s'est affublé. Oscillant entre EBM, électro-pop kraftwerkien (Do You Want My Love ?) ou l'électro-clash, Aldworth opte définitivement pour des formats dansants et robotiques. Aussi sympathique cet album puisse paraitre il ne cache un certain manque d'originalité. Non pas qu'il soit foncièrement mauvais mais il évolue sur un terrain déjà parcouru et qui, aujourd'hui, n'étonne guère.

A que cela ne tienne. Matthew Aldworth est sans doute conscient qu'il ne chamboulera jamais les habitudes cependant on sent aisément qu'il fait de son mieux. Notre homme s'emploie avec conviction et même si on voit où il puise toute son inspiration, il réussit à faire illusion en utilisant une production moderniste efficace. Sous cet aspect d'une musique dance-floor Crème De Menthe offre également un regard critique envers une société qui, de plus en plus, s'acquitte d'un retour de valeurs conservatrices pour le moins castratrices. Aldworth est loin d'être un imbécile et ce qui pouvait paraître un peu désuet le devient nettement moins quand on prend conscience de la portée du discours de l'écossais. Le disque prend alors une dimension différente qui le rend plus attractif. Crème De Menthe prend alors le rôle de trublion et celui-ci ne fait que commencer.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 03-02-2006

A voir également :

http://www.cremedementhe.com

http://www.diskob.com

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