.:.Chronique.:.

Pochette

English, Lawrence

Happiness Will Befall

[Cronica/Import::2005]

|01 Adrift|02 Two Weeks I'll Never Have Again|03 Within Confines Of Glass|04 I've Been Happy Like This|05 Parallel (Midgap)|06 Relocated (UTC)|

Avoir entre les mains le disque d'un type qui aura fréquenté des gens comme David Toop, Oren Ambarchi, Scanner, Philip Samartzis ou encore Janek Schaefer pourrait être, à priori, considéré comme un immense honneur. Au pire on saura à peu près à quoi s'attendre. De plus, sachant que le disque sort chez Cronica le doute n'est plus permis. Oui, l'australien Lawrence English fait dans l'électronique minimale expérimentale et contemplative. Rien que de l'écrire on craint tout de suite que le disque puisse être totalement pompeux. L'homme, qui est aussi à ses heures perdues un écrivain et un artiste-média, aime voyager puisque cet album est le regroupement de morceaux qui ont été enregistrés (en plus de l'Australie) en Nouvelle-Zélande, Singapour, Inde du Sud. Si tous ces pays évoquent des températures élevées ou des ambiances moites, Happiness Will Befall en est tout l'inverse. Disque qui relaie une certaine apathie, il est d'une froideur extrême. Un état musical polaire peut faire penser à des compositions fragiles et cristallines. C'est souvent le cas mais l'Australien peut aussi se révéler très abrasif avec des instants bruitistes qui gagnent en ampleur. Sans doute essaye-t-il de ne pas plonger ce disque dans une forme trop monolithique.

Proche d'une musique concrète évolutive, la musique de Lawrence English est un peu comme l'embrun. Une pluie fine qui vient caresser votre visage avec délicatesse sans que vous éprouviez la moindre gêne. On évolue ainsi avec une certaine candeur et une souplesse certaine même si par moments Lawrence English prend des chemins un peu plus tortueux comme sur Within Confines Of Glass. Pour autant on est pas spécialement surpris par ce disque qui malgré sa beauté lente reste un peu convenu. Lawrence English ne prend ici de risques inconsidérés. Il modèle les sons à sa convenance mais sans vraiment chercher à étonner. En sondant les profondeurs il s'est exposé à un exercise sur lequel beaucoup se sont penchés. Il n'est pas facile d'innover en ce sens mais Lawrence English pourra au moins avoir la satisfaction de ne pas avoir échoué sur les effets qu'il voulait donner à ses compositions. C'est un moindre mal.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 18-01-2006

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