.:.Chronique.:.

Pochette

Omit

Tracer

[The Helen Scarsdale Agency/Metamkine::2005]

La musique électronique compte plus que tout autre genre nombre d'artistes obscures qui explorent à qui mieux mieux la chose synthétique avec plus ou moins de bonheur. Parmi certains pseudos musicologues extrémiste il ne peut y avoir de salut hors l'underground. Quand on veut se montrer raisonnable il n'y a rien de honteux à reconnaitre que les musiques expériementales, intellectualisées ou tout simplement hors système ne sont pas toujours gages de qualité. Combien de fumisteries pour de réels talents? Je crois, pour ma part, que le gouffre est sans fonds. Cependant quand on tombe sur un artiste comme Clinton Williams on se dit que rien n'est perdu. Ce Néo-Zélandais se fond dans la peau d'Omit depuis un peu plus de vingt ans à présent. Ce double album, précédemment disponible en version cd-r sur la structure SySecular, est édité par The Helen Scarsdale Agency, label qui favorise l'étrangeté musicale avec ce souci permanent de ne jamais se conformer aux formes musicales habituelles de ses contemporains.

Tracer est une masse de deux heures qui allie repétitions minimalistes, des ambiances froides et neutres, des influences nettes au post-industriel (comment ne pas penser à toute cette veine des Coil, Chris & Cosey ou la branche allemande dont on peut retrouver quelques traces grâce à Vinyl On Demand) et, si l'on en croit le label, une large dette au pionier germanique Klaus Schulze. Entièrement obsessionel et pour le moins schizophrène, Tracer est aussi un manifeste sur les musiques claustrophobes. Omit ne fait certes pas dans l'innovation puisqu'il évolue dans des formes sonores déjà éprouvées mais en aucun cas il ne saurait s'agir d'un grotesque cliché. Entre opacité et délire paranoïaque on navigue ici sur des eaux pas forcémment rassurantes mais qui peuvent se révéler assez fascinantes. Si le disque n'est pas un modèle de souplesse il arrive à en imposer grâceà une esthétique impeccable qui est grandement responsable de son caractère sombre et inquiétant. Omit ne propose rien de réellement neuf mais il réussit là où beaucoup se serait confondus dans de grossiers clichés. Tracer est un disque noir et beau comme on les aime et comme on savait si bien les faire à l'aube des années 80. Nostalgie.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 13-01-2006

A voir également :

http://www.helenscarsdale.com

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