.:.Chronique.:.

Pochette

Hartman, Hanna

Longitude/Cratère

[Komplott/Import::2005]

|01 Longitude 013° 26' E|02 Cratere|

Hanna Hartman est une voyageuse. Suédoise de son état mais habitant en Allemagne elle parcourt le monde à la recherche de nouvelles sonorités. Il est parfois difficile de soupçonner que le moindre grincement puisse devenir une forme musicale. Ce n’est pas aussi évident pour tout le monde. Certains esthètes des bons goûts artistiques jugeront de manière définitive ce disque d’Hanna Hartman inécoutable et comme n’étant que du bruit. On ne comprendra ce point de vue que parce que Longitude / Cratère n’est pas de la première évidence. Pourtant la Suédoise n’est pas la première à s’engouffrer dans ce genre de concept. Un concept qui revient à collecter des sonorités dans la nature et de les assembler d’une manière cohérente afin de leur donner une musicalité qui ne transparaissait pas dans leur état brut. Inutile de dire que nous sommes très éloigné d’un univers strass et paillettes. Cet album, dont les deux pièces ont été commissionnées par la Swedish Broadcasting Corporation et la DeutschlandRadioBerlin, est le fruit de recherches à partir de deux contextes différents.

Sur Longitude 013° 26’ E les sons recueillis l’ont été sur des bateaux naviguant quelque part sur la Baltique. Cratère est, quant à lui, le résultat des pérégrinations de la Suédoise sur l’Etna. Avec ces matériaux de première main Hanna Hartman s’est engagée dans une voie minimale et concrète ou chaque séquence est comme un bruissement, un chuchotement, un mystère venu d’outre-tombe ou des plus sombres profondeurs. En tout cas, préparez-vous à pénétrer dans un monde opaque. Si la première pièce représente parfaitement les eaux glacées du grand large nordique et la solitude mortuaire d’un navire en dérive, la seconde composition est l’incarnation de l’abîme dans toute sa splendeur. Si Longitude / Cratère est un disque profondément sombre il est aussi le révélateur d’une mise en forme sonore de premier ordre. Epaulée par Annette Krebs (guitare préparée) et Robert G.Patterson (cor), Hanna Hartman réussit le pari de créer une musique réellement pénétrante qui, mise à son plus fort volume, est d’une intensité sans nom.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-12-2005

A voir également :

http://www.hannahartman.de

http://www.komplott.com

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