.:.Chronique.:.

Pochette

Fingerless

K.

[Autoproduction::2004]

|01 Couleur maintenant (c'est à venir)|02 Love marmelade|03 Teddy|04 _|05 Sisyphe|06 Interlude|07 Kétamine|08 Fermeture|

On avait laissé les Parisiens de Fingerless sur une impression mitigée concernant leur précédent maxi A-Cide, et le moins que l’on puisse dire c’est que sur ce nouvel ep, K., le groupe a atteint une certaine maturité, pour ne pas dire une maturité certaine ! Les guitares et la voix de Stéphanie font certes toujours irrémédiablement penser à Dolly, mais le groupe a su aller au-delà de cette influence première, et se forger une personnalité propre.

Ces guitares, tout d’abord, qui nous sautent aux oreilles sans pitié, tantôt âpres et vengeresses, tantôt rondes et mélodieuses ; ces guitares savent également se faire toutes douces pour porter en souplesse le chant de Stéphanie, qui s’avère toujours assuré, même sur des mélodies souvent loin d’être évidentes. Moins consensuelle que celle des Kaolin ou Végastar pour lesquels le groupe a souvent ouvert en concert, la musique de Fingerless peut parfois rappeler celle plus rock de Marion. Mélodies entêtantes et faciles à retenir se mélangent à des rythmiques sans cessent changeantes, loin de la sempiternelle alternance couplet/refrain que l’on retrouve trop souvent dans le rock français. On a fréquemment dit que la langue française ne pouvait pas coller au rock, mais les paroles de tous ces titres nous montrent sans effort que l’adage n’est pas vrai. Les textes, personnels sans être introspectifs, possèdent tous une dynamique et une rythmique se mariant parfaitement à la musique.

Enfin, non seulement chaque titre de ce K. possède ses qualités propres, mais en plus l’album lui-même présente un ensemble articulé et cohérent. Trois titres entraînants pour fixer notre attention nous mettre dans le bain ; une respiration surprenante mais salvatrice en guise de quatrième piste, avant de reprendre de plus belle sur “Sisyphe” ; puis un “interlude” que je trouve particulièrement intéressant, dans un registre assez différent du reste de l’album, qui ouvre la porte à “Kétamine”, long morceau, parfois plus post-rockien dans ses arrangements ; puis une “fermeture” acoustique se terminant comme une apostrophe, et qui, loin de verrouiller ce disque, nous fait attendre la suite avec impatience. Et vues les news figurant sur le site de Fingerless, cette suite ne devrait pas trop tarder...

note : 8

par Claire, chronique publiée le 15-12-2005

A voir également :

http://www.fingerless.net

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