.:.Chronique.:.

Pochette

Public Enemy

New Whirl Odor

[SLAMjamz/Nocturne::2005]

|01 ...And No One Broadcasted Louder Than...(Intro)|02 New Whirl Odor|03 Bring That Beat Back|04 66.6 Strikes Again|05 MKLVFKWR|06 What A Fool Believes|07 Makes You Blind|08 Preachin' To The Quiet|09 Either We Together Or We Ain't (S1W Stepstrumental)|10 Revolution|11 Check What You're Listening To|12 As Long As The People Got Something To Say|13 Y'All Don't Know|14 Either You Get It By Now Or You Don't|15 Superman's Black In The Building|

L’une des grandes figures du rap US est de retour, une fois de plus, et tente de reprendre la place qu’il n’aurait jamais dû quitter auprès des kids. Déjà cet été était sortie une compilation (Power To The People And The Beats), histoire de nous rafraîchir une mémoire défaillante, qui retrace la période Def Jam. Public Enemy. J’aurai toujours cette image de Chuck D gravée dans ma mémoire. Quand le groupe commençait à se faire connaître en France, il arrivait de voir des reportages sur eux. Chuck D avait une espèce d’aura particulière, figure d’un type qui en imposait et qu'il était difficile de ne pas respecter. On sentait en lui une espèce d’amertume profonde mais aussi une volonté farouche de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Un type comme Flavor Flav, qui était la plupart du temps à ses côtés, paraissait être comme son antithèse. Une espèce de bouffon dégénéré, un personnage créé pour l’occasion et sujet à toutes les exubérances. Pourtant quand on les entendait parler on sentait bien que les deux personnages n’étaient pas si éloignés l’un de l’autre. Le discours qui a toujours été le leur n’a guère varié tout au long de leur carrière. Un discours virulent, revendicatif, éminemment politique, proche des idées d’un Louis Farrakhan, mais toujours préoccupé par la condition de la communauté afro-américaine. Même si Public Enemy n’a plus l’importance d’antan (leurs dernières livraisons discographiques n’étant pas toujours à la hauteur), un nouvel album de leur part n’est jamais à sous-estimer.

A la base New Whirl Odor aurait du être précédé par Rebirth Of A Nation qui devait sortir dans les mêmes temps que la compilation. Cependant rien n’est jamais simple avec Public Enemy et Rebirth Of A Nation est repoussé à 2006 à cause de différends avec le producteur du disque. En attendant on se contente de ce New Whirl Odor qui sort sur la structure de Chuck D (SLAMjamz). La période Def Jam est définitivement enterrée pour Chuck D et ses comparses. Par contre Public Enemy n’en a pas fini avec ses marottes habituelles. On n'aura rien contre. Cependant, avec l’âge, le groupe s’assagit, devient plus adulte et s’il développe un discours porteur et revendicateur, il apparaît moins virulent que par le passé. Musicalement, Public Enemy distille un rap expérimenté, qui sait encore prendre des risques et qui a cent fois plus d’imagination qu’un rappeur MTVesque. Public Enemy arrive même à surprendre quand il se prend pour Body Count (What A Fool Believes) ou fait des choix qui frôlent le big beat comme celui d’un Chemical Brothers (MKLVFKWR). Bref, Public Enemy fait son come-back et ces quadras du rap sont plutôt en bonne forme. Certainement un peu plus que certains de leurs cadets.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 02-12-2005

p.s. : A noter que l’album est agrémenté d’un dvd où l’on pourra apprécier quelques clips, un documentaire sympathique, une bio, photos et commentaires. Objet certes destiné aux fans mais pas obligatoirement inintéressant.

A voir également :

http://www.SLAMjamz.com

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