.:.Chronique.:.

Pochette

Lokai

7 Million

[Mosz/Metamkine/Wave::2005]

|01 Histoire DS|02 34:35|03 Mikrostekon|04 Taora Atoll|05 Chuuk|06 Hellen|

Bien souvent on a de l’Autriche cette image de pays bucolique qui a enfanté des gens pas toujours très recommandables mais qui garde ce côté champêtre, montagnard et plein de civilité toute germanique. C’est oublier un peu vite que, sorti de ces images d’Epinal, l’Autriche est aussi le pays d’où sont sortis quelques-uns des plus tordus expérimentateurs de musique électronique. On pense tout de suite à Christian Fennesz sans doute le plus emblématique de tous. C’est sans compter le duo Lokai, formé par Florian Kmet et Stefan Németh, que l’on a déjà croisé (ici), et qui est en train de se poser comme l’une des nouvelles figures des arts sonores hybrides. Les deux hommes étaient fait pour s’entendre. Tous deux amoureux des formes improvisées, ils savent puiser dans leur imagination suffisamment de matière pour créer une musiques pleine de strates aux contours imprécis et incertains. La musique de Lokai est la combinaison des divagations guitaristiques de F.Kmet et des expérimentations électroniques de S.Németh. Comme de bien entendu on naviguera dans un univers qui sait sortir de la norme et qui nécessite une attention particulière.

Lokai sait varier entre les silences, les drones légers, les nappes post-rockiennes et les finish noisy. Une musique qui se voudrait presque impalpable, qui ne se laisse pas enfermer par une seule idée directrice. On pourrait presque croire que Lokai s’oriente vers une anarchie sonore pure et simple. Toutefois il existe bien une logique et un processus évolutif à tout ceci. D’un calme apparent on passe progressivement à une déconstruction brutale mais qui est toujours gardée sous contrôle. Entre enfer et paradis, entre calme et tempête Lokai ne semble pas encore avoir choisi son camp. Ou plutôt le duo a décidé de ne pas choisir, se complaisant dans une sorte d’ambiguïté qui ne permet pas de situer pleinement le groupe. La musique expérimentale est donc bien un art subtil qui répond à une liberté de ton et de création qui peut parfois dérouter. Mais c’est bien là son but en même temps. Dérouter l’auditeur, le surprendre à tout moment. Dans ce rôle, Lokai aura su se rendre crédible.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 18-11-2005

A voir également :

http://www.lokai.at

http://www.mosz.org

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