.:.Chronique.:.

Pochette

Da Silva, Ana

The Lighthouse

[Chicks On Speed Records/Nocturne::2004]

|01 Friend|02 Two Windows Over The Wings|03 Running In The Rain|04 The Lighthouse|05 Hospital Window|06 Modinha|07 In Awe Of A Painting|08 Sister|09 Disco Ball|10 Climbing Balls|

Il y a quelques années de cela Ana Da Silva officiait dans un groupe qui était passé à la postérité sous le nom de The Raincoats. Ce groupe à la limite de l’amateurisme (seule Vicky Aspinall avait une formation de musicienne) et épaulé pendant un temps aux percussions par Palmolive, fraîchement virée des Slits, aura certainement été l’un des plus importants sinon l’un des plus innovants de ce qu’on allait appeler vulgairement le post-punk. De 1979 à 1983 The Raincoats aura suscité autant l’enthousiasme que les interrogations. Elles croiseront le chemin de Charles Hayward (This Heat) et de Robert Wyatt ce qui sera l’occasion de parfaire un style qui mélangeait allègrement le jazz, le contemporain, le folk ou l’oriental. Cité par Kurt Cobain comme étant l’un des plus grands groupes du monde, celui-ci ira jusqu’à faire rééditer leurs disques et initiera même une courte re-formation qui accouchera d’un album en 1996 (Looking In The Shadows).

Depuis, on aura largement eu le temps de remettre de The Raincoats dans les oubliettes du rock et de passer à autre chose, oubliant honteusement le rôle crucial de ce groupe féminin. Ce n’est sans doute pas un hasard si Ana Da Silva a sorti son disque solo sur Chicks On Speeds Records. The Raincoats avait porté bien haut l’étendard du rock au féminin et sortir un disque sur ce genre de label est un immense clin d’œil à une personnalité qui aura contribué très largement à donner une place aux femmes dans un monde qui avait le sexisme comme l’un de ses sports favoris. Se situant dans un format plus ou moins pop où viendraient s’intercaler Anne Clark ou Laurie Anderson, Ana Da Silva produit un album intimiste qui favorise autant les expérimentations que les formes les plus légères. Ana Da Silva est toujours aussi libre de ses mouvements et nous livre un album aéré qui ne subit aucune pression. Sans vraiment tomber à la renverse on passe un moment agréable sans doute aidé par ces quelques moments tout à fait lumineux qui relèvent le reste. Ana Da Silva nous donne donc de ses nouvelles et celles-ci sont plutôt bonnes.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 04-11-2005

A voir également :

http://www.chicksonspeed-records.com

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