.:.Chronique.:.

Pochette

Tu M'

Just One Night

[Dekorder/Metamkine/Mange Disque::2005]

|01 An Afternoon In The Country|02 Lonely As A Cloud|03 The Moon On The Sea|04 Blue Blur|05 Rain In The Streets|06 Rain Turning To Sleet|07 Strange Sleep|08 Wake Up, Wake Up|09 The First Rays Of The Sun|

Le duo italien Tu M’, composé de Emiliano Romanelli et de Rossano Polidoro, a de la suite dans les idées. Depuis 1998 le groupe, dont le nom s’inspire d’une toile de Marcel Duchamp, ne s’est pas contenté de sortir des disques sur différents labels (Phtalo, Fällt, ERS/Staalplaat…) il a aussi créé son propre label, Mr.Mutt (Marcel Duchamp, quand tu nous tiens…) ainsi qu’un MP3-label qui consiste à mettre en ligne des bandes-son d’artistes qui illustrent des images webcam. Ainsi on peut retrouver des compositeurs et musiciens comme David Grubbs, Voice Crack, Chris Cutler ou Dälek. Les deux hommes ne s’arrêtent pas là puisqu’ils viennent d’initier un nouveau projet, Steno, avec Frank Metzger (Oval) ainsi qu’une collaboration avec Simon Fisher Turner. Tu M’ se disperse mais toujours sans jamais se perdre totalement et c’est avec les idées claires qu’ils ont enregistré ce Just One Night. Autant dire que ce type de diversification incite fortement à s’intéresser de plus près au cas Tu M’.

Cet album, produit par Marcus Schmickler (Pluramon), laisse la part belle à une certaine forme d’improvisation ainsi qu’à des instruments organiques (saxophone, flûtes, guitares, percussions…) mais le tout est traité de manière à ce que l’électronique reste le moteur premier de l’ensemble. Evoluant dans des zones brumeuses qui laissent une large place au spleen, la musique de Tu M’ semble se confiner dans une sorte de léthargie apaisante qui annonce des nuits insomniaques. D’ailleurs la nuit est le thème assumé par ce disque. On imagine alors très bien ces grandes cités urbaines vidées de leurs populations et qui laissent libre cours aux lumières artificielles et aux ambiances irréelles. Là où le jour donne un semblant de vie, la nuit, quant à elle, inspire des décors inertes, des vies comme mises entre parenthèses et des instants figés où tout semble possible. Les perceptions ne sont plus les mêmes et Tu M’ se veut comme le vecteur de ce genre de sentiments. Sans vraiment convaincre totalement, le duo atteint le but recherché. On pourra alors se prêter au jeu ou rester de marbre. Là encore cela ne sera qu’une affaire de perception.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 17-10-2005

A voir également :

http://www.tu-m.com

http://www.dekorder.com

?>