.:.Chronique.:.

Pochette

Deupree Taylor + Eisi

Every Still Day

[Noble Rec./Import::2005]

|01 Eisi Is Stirring|02 Awaawa (Window)|03 Cloud, Loud, Water (Fall)|04 Note 1 (Variation)|05 Voice Or Vice (Rise)|06 Interlude|07 14 (Alta)|08 Soshite Hossuru (Every Still Day)|09 Izumi (Leaf)|10 Eisi Is Sleeping|

Décidément Taylor Deupree est partout. Les trois derniers disques que j’ai pu chroniquer de lui en moins de deux ans sont sortis sur trois labels différents (Plop, 12k et Spekk). Cette fois-ci l’Américain s’est tourné vers un autre label japonais : Noble. Depuis longtemps T.Deupree lorgne de près sur les artistes japonais et leur capacité à sortir des disques non conventionnels. C’est d’ailleurs pour cela qu’il avait créé la structure Happy. Très naturellement il découvre le label Noble et tombe littéralement amoureux de Awaawa, disque sorti en 2003 par le groupe Eisi. Très vite il propose une collaboration en vue d’un ré-habillage de l’album. Un peu comme ce qu’avait pu faire Robert Lippok pour le disque de Komeït. Il ne s’agit pas ici de re-mixage mais bien d’une relecture, une ré-interprétation personnelle d’un album qui aura touché profondément l’Américain. Je ne ferai pas de comparaison entre les deux versions pour la simple et bonne raison que je n’ai pas écouté Awaawa. Il faudra se contenter de cette seule interprétation et croyez bien qu’elle en vaut très largement le détour.

Every Still Day, titre tiré du morceau Soshite Hossuru, est, comme on pouvait s’y attendre une longue complainte planante qui oscille entre laptop et acoustique rêveuse. Et dans le genre Taylor Deupree est largement passé maître. Disque matinal qui semble à peine sortir de la brume, Every Still Day est également fortement marqué par la voix fragile de Mujika Easel qui se pose délicatement sur des mélodies taillées sur mesure pour naviguer sur des eaux froides et inertes. L’effort, si on peut parler d’effort, est ici onirique et tout est fait pour qu’on se sente en sécurité. Cet album respire le calme et la sérénité et, d’ailleurs, la plupart des titres sont suffisamment évocateurs pour qu’on n’aie pas à se tromper. C’est avec légèreté, donc, qu’on évolue sur ce disque. Mais que devions-nous attendre d’autre de Taylor Deupree ? Sûrement rien mais c’est bien dans ce registre que notre homme, qui s’est une fois de plus associé les services de Christopher Willits sur Note 1, nous comble le plus. Deupree est inspiré, qu’on en profite.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-10-2005

A voir également :

http://www.noble-label.net

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