.:.Chronique.:.

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DC Shell

8 Tales Of Existential Behaviour By...

[Autoproduction::2004]

“8 Tales Of Existential Behaviour By...” est le premier album de DC SHELL, composé et enregistré en France en 7 semaines, courant 2004. Inspiré par la poésie Beat américaine des 60’s, Vian, et les espaces suburbains de Paris, DC propose au long de ces « 8 dérives existentielles » une approche expressionniste originale au mix des cultures blanches et noires, privilégiant un crossover subtil et urbain entre hip hop, pop, new wave et jazz. Immergé à l’origine dans le son hip hop, ce dandy dérive très vite vers d’autres latitudes, d’autres expériences, pour élaborer une musique plus personnelle, très éloignée de l’idiome de base, privilégiant un son « rouillé » et instable, et une diction souvent réminiscente du jeune Gainsbourg, tout en murmures, voix blanche, sur un beat atrophié de beatbox antédiluvienne. Il greffe sur ces virées aux tonalités crépusculaires, la verve étonnante d’une guitare idiote savante, qui surligne l’inquiétante moiteur des morceaux. Au final, l’album ensorcelle, comme un poison entêtant et on reste étonné par la cohérence de ton et d’atmosphère de ces 8 morceaux. Si la chose Pop se détruit elle-même pour cause d’une overdose de projets parodiques, si elle meurt, comme le jazz de ne pas avoir su quitter les rivages ronronnants de son ghetto, il y a probablement une place pour des albums comme celui-ci, réinventant l’idiome d’une façon toute élégante…

note : 8

par Julien Teil, chronique publiée le 02-10-2005

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