.:.Chronique.:.

Pochette

Editors

The Back Room

[Kitchenware / Pias::2005]

|01 Lights|02 Munich|03 Blood|04 Fall|05 All Sparks|06 Camera|07 Fingers In The Factories|08 Bullets|09 Someone Says|10 Open Your Arms|11 Distance|

Ce que c’est intense une production vibrante qui met en avant la musique au point qu’elle en devienne complètement spatiale. C’est ce petit artifice fantastique qui aide Interpol à être si pénétrant sur CD. C’est ce même artifice qui aide Editors à en faire autant. Ce groupe de Birmingham débarque tout juste avec son premier opus The Back Room. Les singles s’étaient enchaînés et l’album se faisait attendre. Aucune déception ! Ce premier long effort est d’excellente facture. Le quatuor puise ses inspirations chez Echo & The Bunnymen et Interpol, développant de surcroît une attitude ultra branchée, un style emprunté, mais tout à fait adapté. Très proche d’un groupe tout jeune aussi tel que The Departure, Editors a cet avantage peut-être d’être encore plus entêtant, encore plus vitalisant. Musicalement, ces Anglais maîtrisent parfaitement la structure d’un morceau, sachant savamment comment faire un tube en puissance, une urgence unique, un instant de frisson. “Blood” en est un exemple patent, tant la piste est un décollage sonique qui ne cesse de prendre de la vitesse. Ce que le groupe utilise le plus et le mieux, ce sont ces sons aigus, éthérés, possédés.

Cette mécanique foisonne (“Lights”, “Munich”, “Camera” et dans un style plus posé “Open Your Arms”) et elle fonctionne toujours, parce que cela donne une puissance aérienne à ces morceaux. Ils sont transfigurés. La magie est alors doublée avec cette voix ahurissante de Tom Smith, qui semble sortie des enceintes de la lune, attirante et mystérieuse. Et irrésistible sur “Bullets” quand il répète jusqu’à la mort « You don’t need this disease ». Editors est un groupe illuminé dans le néant obscur, une litanie dramatique, reflet d’un malaise majestueux, enfantant souvent des mélodies électriques. Cet album est post-moderne, hyperactif et talentueux. Multipliant les pirouettes avec une indécence spectrale, Editors semble épouser l’acoustique d’un amphithéâtre grece comme certains subliment l’art du larsen. Ils poussent le vice sur “Distance” à bien indiquer cette lumière qu’ils sont, là-haut dans le ciel, à briller comme l’Etoile du berger. Notre point de repère. Interpol avait marqué un gros coup avec Turn On The Bright Light, il y a fort à parier que Editors est sur le point de suivre les traces du groupe new-yorkais avec The Back Room.

note : 8

par Vivien, chronique publiée le 07-09-2005

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popop : avis du rédacteur
Jeff : avis du rédacteur
Fabien : avis du rédacteur

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