.:.Chronique.:.

Pochette

Dandy Warhols, The

Odditorium Or Warlords Of Mars

[Parlophone::2005]

|01 Colder Than The Coldest Winter|02 Love Is The New Feel Awful|03 Easy|04 All The Money Or The Simple Life Honey|05 The New Country|06 Holding Me Up|07 Did You Make A Song With Otis|08 Everyone Is Totally Insane|09 Smoke It|10 Down Like Disco|11 There Is Only This Time|12 A Loan Tonight|

Quelle bande de sales gosses ces Dandys. Depuis leurs débuts il y a dix ans, on n'a jamais très bien su si ces quatres bouseux de Portland maniaient l'art du second degré avec une rare dextérité, ou s'ils incarnaient la face du rock'n'roll la plus bête, conne, clichée qui soit. Dans les deux cas, on ne peut pas nier leur talent à accoucher de morceaux absolument tubesques et suprêmement efficaces, comme "Get Off" ou "Not If You Were The Last Junkie On Earth" (heroin is so passéééééé). On n'aurait pas su prévoir non plus que Welcome To The Monkey House (2003) marquerait un virage plûtot surprenant - mais réussi - vers des sonorités eighties, dominées par les claviers. Les Dandy Warhols, c'est un peu des gamins abrutis qui, sur un coup de tête, fonceraient droit dans un mur juste pour voir ce que ça fait de se le prendre dans la tronche.

Odditorium Or Warlords Of Mars, qu'il s'appelle, le nouvel album. Voix-off en introduction: "You're listening to a piece of history". Ah ah, ces Dandys, toujours aussi génialement cons, se dit-on le sourire aux lèvres. Et VLAN, un riff de tueur dans ta gueule. Si "Love Is The New Fee Awful" met les pendules à l'heures au cours de ses 4 premières minutes, c'est pour mieux les envoyer valdinguer dans un final jubilatoire emmené par une trompette jazzy et des percus tribales. 9mn36 pour une ouverture aux allures de titre caché, voilà qui est diablement surprenant... poursuivons: ici, une ballade country, pas sans rappeler le "Horse Pill" de 13 Tales from Urban Bohemia; là, du groove psychédélique. La patte du goupe est fortement reconnaissable sur l'enchaînement "Everyone Is Totally Insane/Smoke It/Down Like Disco", ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient. D'un côté, on aimerait qu'ils refassent du tube, d'un autre, on souhaiterait être surpris, malmené, comme ce fut le cas à la première écoute de Welcome To The Monkey House.

Faisons le point. Cet album apporte des nouveautés: la longueur de certains morceaux, donc, qui n'est pas toujours justifiée. Les anciens tubes reposaient bien souvent sur un riff efficace répété à l'envi, quelques breaks bien sentis et une rythmique martiale; la même recette étirée en longueur provoque bien souvent un effet de saturation. Elle est toutefois sauvée par le soin tout particulier apporté à la production. Reconnaissons-le, les textures sont extrêmement léchées, le son a été modulé, soupesé, enrichi avec une très grande minutie. La trompette est la pierre angulaire du nouveau son Dandy (elle occupe une place prépondérante sur la plupart des chansons).

Tout ceci conduit à s'interroger, et peut-être même à s'inquiéter. Les Dandy Warhols rechercheraient-ils une crédibilité artistique ? Courtney Taylor-Taylor s'est-il figuré qu'il fallait composer des morceaux de plus de 7 minutes pour s'octroyer les louanges d'un public plus exigeant ? Cette association d'idées apparaît simpliste, mais jusqu'ici le bellâtre et ses trois compères ne se sont pas particulièrement distingués par leur finesse d'esprit. Les Dandy Warhols, donc, essaient de faire les intelligents sur un disque pas foncièrement mauvais, mais qui pète définitivement plus haut que son cul. Le mur n'est pas passé loin.

note : 6.5

par yves, chronique publiée le 29-08-2005

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