.:.Chronique.:.

Pochette

Whyte, Piers

s/t

[Ache Records/Import::2005]

|01 Forest Fire Demo|02 Chilly Fountain Warp|03 Winter, '03|04 Waxing Sentimental|05 Spring, '04|06 Jacque In The Barbe|07 Unfurling Parade|08 No More Nukes|09 Pioggia Viola|

Le premier album du Britannique Piers Whyte risque de faire grincer bien des dents. En effet, l’homme ne se satisfait pas du conformisme et n’accepte pas tout ce qui pourrait être un tant soit peu confortable. Forest Fire Demo, le premier morceau de l’album, donne déjà le ton avec une musique électronique légère envahie par des collages nombreux qui le rendent abrupt et d’une forme difficilement identifiable. Cela sonne comme un avertissement. Et même prévenu, Chilly Fountain Warp déstabilise par sa profusion de sonorités noisy et anarchiques. Cependant, s’installer ainsi dans une forme de chaos bruitiste serait considéré comme une marque de confort, Piers Whyte prend tout le monde à contre-pied revenant sur des horizons plus calmes en explorant le monde merveilleux des drones et autres click’n’cuts. On pourrait continuer ainsi mais on se rendra vite compte que le Britannique ne peut pas, et sans doute ne veut pas, se cantonner à suivre une seule et même idée. Ce premier disque est tout en relief et celui-ci est accidenté.

Expérimental voire extrémiste par moments, ce premier essai peut très bien aussi jouer la carte de l’apaisement comme sur Spring, ’04. Mais, comme si c’était plus fort que lui, cette volonté perturbatrice reprend très vite le dessus. Ainsi si Piers Whyte peut vous tendre la main c’est pour mieux vous mettre une claque avec l’autre. Ce disque est sans doute la logique acousmatique poussée jusqu’à son paroxysme. Flamboyant, rayonnant ou déroutant, Piers Whyte ne donnera sans doute jamais qu’une seule image de sa personnalité. C’est cela qui fait que ce disque est intéressant car il n’est pas une incarnation de l’homogénéité comme si il se faisait l’ennemi d’une pensée unique, reflet de la mort de la création. Le dernier morceau résumera alors tous les autres comme une sorte de bilan, billet de sortie vers tous les ailleurs, comme une apothéose. Cette apologie de la diversité ne masque pourtant pas la difficulté pour appréhender l’univers de Whyte. Celui-ci n’est certes pas donné à tout le monde mais il est d’une puissance énergétique indéniable. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 23-08-2005

A voir également :

http://www.acherecords.com

?>