.:.Chronique.:.

Pochette

Baïkonour

For the lonely hearts of the cosmos

[Melodic / La Baleine::2005]

Quelques présentations s’imposent avec ce jeune homme peu connu de ce côté–ci de la Manche. Sous ce nom de base de lancements spatiaux russes se ‘cache’ Jean-Emmanuel Krieger. Versaillais d’origine mais exilé à Brighton depuis quelques années. Il fait partie des piliers électros de Melodic, le très excitant label Mancunien dont nous avons déjà eu l’occasion de parler. For the lonely hearts of the cosmos est le premier véritable album du jeune homme après une jolie série de 3 EPs en 4 ans. Très complet, ce disque mélange pas mal de styles mais peut se résumer à de l’avant-rock mêlé à des mélopées électroniques aux touches orientales et jazz. Mais c’est vraiment pour faire vite car la musique de Baïkonour est bien plus riche et impossible à décrire en une seule petite phrase. La plupart des titres se tiennent sur un squelette de riffs de guitares et grosses basses sales suivant des rythmiques de batteries et boites à rythmes. Tout a été produit par Jean-Emmanuel mais les instruments ont souvent une origine plus lointaine et délocalisée. For the lonely hearts… a été accouché d’un Mac mais sans doute un plus récent que celui offert par Amon Tobin il y a 5 ans. La production et le son ont d’ailleurs souvent beaucoup à voir avec ce dernier comme sur Coltan anyone? Ou encore Proto-cœur (le son de Air avec Justin Meldal-Johnsen sur "Don’t be light" est lui aussi, tout au long de l’album, jamais bien loin...). Le tout regorge de synthés vintages et funky alliés à des sons plus organiques (Oben beg (mk 2)). Il alterne entre titres rock avant tout, bourrés de ruptures nous balançant de boucles synthétiques en gros riffs jazz-rock et le moins qu’on puisse dire c’est que seul sur son Mac c’est un bon gros son qui en sort, une belle sensation de volume sans que ce ne soit trop chargé non plus. Les deux autres influences qui transparaissent de ce disque sont aussi les sonorités orientales (asiatiques et indiennes: "Lick lokoum , Oben beg (mk 2), 60 to 0") et bien sûr le bruit et le krautrock ("Proto-cœur, Hoko to shin ken" et les quelques secondes cachées à la fin) associés à des choses plus expérimentales ("Ultra lazuli"). Avec cette sortie estivale loin de toutes ardeurs mercantiles, Baïkonour se place (discrètement) comme un des maîtres des sonorités électroniques guitareuses et devrait toucher pas mal de monde à la rentrée!

note : 8.5

par jean marc, chronique publiée le 08-08-2005

A voir également :

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