.:.Chronique.:.

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Zeitkratzer

ElectroniX

[X-Tract/Staubgold/Trente Oiseaux::2005]

|01 Insects (Bernhard Guenter)|02 Supersuperbonus (Terre Thaemlitz)|03 Was Noch Was ( Manfred Klauss, Onnen Bock)|04 Dead Air Part 8 Autonomie Der Signale|05 Improvisation (Dror Feiler/Zeitkratzer)|

L’impressionnante formation internationale, mais à forte connotation germanique, Zeitkratzer, a déjà un beau vécu (l’ensemble est créé en 1997), des collaborations nombreuses (dont celles avec John Duncan, Lou Reed, Merzbow, Elliot Sharp, Keith Rowe de AMM ou Terre Thaemlitz) et une discographie fournie. Pourtant ce disque sort en parallèle d’un second (Die Kraft Der Nagation) qui ont pour point commun de ne pas représenter des enregistrements récents. ElectroniX est, en effet, une sorte de compilation de collaborations qui s’étalent de 1999 à 2004. Si on comprend la démarche de la formation il est inutile de chercher le moindre concept. Zeitkratzer est seulement un pôle d’étude sur le « son et la musique ». En bref, ici on fait dans l’expérimental. Les collaborations qui ont jalonné la carrière du groupe ne sont sans doute pas le fruit du hasard ou d’une volonté opportuniste. Il y a là le désir de créer, d’aller plus loin dans la recherche sonore sans se cantonner à un style particulier. Pour ElectroniX c’est dans une optique minimaliste et contemporaine. Ici c’est la rencontre entre des musiciens de formations classiques ou jazz avec des chantres de la musique électronique expérimentale. L’idée n’est pas de confronter les genres mais de leur donner une symbiose, de les faire se mêler dans des formes complexes et esthétiques.

L’ombre de Karlheinz Stockhausen pèse lourdement sur ce disque et John Cage n’est pas très loin non plus. On sait évidemment placer des silences qui succèdent à des séquences sonores imposantes, non pas par le volume mais par cette occupation de l’espace, imposant, lourd et presque intimidant. Il apparaît évident que ElectroniX est un disque qu’il faut écouter avec un volume un peu plus élevé que la moyenne sans quoi vous passerez à côté de nombres des subtilités développées par ces musiciens. Elles sont nombreuses et diverses même si certains morceaux ont un aspect pour le moins monolithique. Zeitkratzer produit donc une musique difficile à manier et à apprivoiser. Avoir un vécu dans les musiques contemporaines et acousmatiques n’est sûrement pas inutile. On saura alors percevoir toutes les diversités qui font les spécificités de chacun des morceaux. Des morceaux qui se révèlent être comme des empreintes indélébiles figées dans le temps. Moments d’éternité.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 02-08-2005

A voir également :

http://www.zeitkratzer.de

http://www.bkv.org

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