.:.Chronique.:.

Pochette

Smog

A River Ain't Too Much To Love

[Domino::2005]

|01 Palimpsest|02 Say Valley Maker|03 The Well|04 Rock Bottom River|05 I Feel Like The Mother Of The World|06 In The Pines|07 Drinking At The Dam|08 Running The Loping|09 I'm New Here|10 Let Me See The Colts|

C’est toujours appréciable d’avoir des nouvelles de Bill Callahan. D’ailleurs je cache à peine ma joie lorsqu'un disque de Smog sort dans les bacs. Ils sont rares les artistes qui vous font cet effet-là. Et ce sont sur ces mêmes artistes que l’on peut être d’une mauvaise foi abominable en leur pardonnant toutes leurs faiblesses. Mais, objectivement, où se trouvent les faiblesses dans la discographie de Smog ? Il faudra, pour trouver, chercher assez loin et ce sera vraiment une tâche ingrate et dénuée de tout intérêt. On pourra ériger une stèle pour Bill Callahan pour avoir donné ses lettres de noblesse, aux côtés des Will Oldham et autres David Pajo, à ce qu’on appelle aujourd’hui l’americana et à cette résurgence du folk américain moderne. Et ils sont nombreux à devoir être reconnaissants à ce monsieur pour avoir débroussaillé le terrain et ouvert une voie royale. Il n’est pas certain, cependant, que B.Callahan soit à le recherche d’une telle reconnaissance. L’homme continue de sortir des disques lumineux et inspirés par la grâce. Infaillible et imperturbable Smog.

Nous avions laissé l’américain sur un Supper quelque peu électrifié et enclin à l’optimisme laissant un peu derrière lui le brouillard dépressif qui l’entourait depuis de si longues années. L’éclaircie a été de courte durée et ce douzième album (déjà !) nous fait immédiatement replonger dans le ton confident et solennel qui est habituellement le sien. Mais c’est bien là où il est le meilleur. Ce n’est pas pour déprécier Supper que je dis cela, ce disque étant même d’une grande classe, mais il avait fini par étonner par son ouverture. Ici on revient dans un monde clos mais ô combien chaleureux. On s’y sent presque comme chez soi et même si il y a des résurgences supperesque comme dans The Well, Callahan se reprend vite pour retomber dans une mélancolie majestueuse. Rien de tel qu’un morceau comme Rock Bottom Riser ou In The Pines pour vous déstabiliser et vous arracher un sanglot de bonheur.

Smog revient donc à l’acoustique délaissant la dureté de l’électricité pour une approche plus à fleur de peau. C’est sans doute là que les compositions de Smog prennent toutes leurs ampleurs. C’est comme si Callahan se mettait à nu, qu’il s’offrait à nous dans son entièreté. Un don de soi magnifique et désintéressé. Bref en un mot comme en cent A River est une réussite, une de plus, que Smog peut mettre à son crédit. Il ne pouvait en être autrement.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 01-08-2005

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