.:.Chronique.:.

Pochette

Galaktlan

Constance

[Kohvirecords/Meridians::2005]

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L’enfance, c’est quand même quelque chose de merveilleux (enfin quand on a la chance d’en vivre une qui est un tant soit peu heureuse). C’est rempli de souvenirs indélébiles qui vous feraient presque regretter d’être devenu un adulte. Pour Taavi Laatsit, ces petits relents de nostalgie semblent aussi nécessaires que vitaux. Tout est là pour y faire penser sur ce disque, à commencer par son titre. Constance, autrement dit Constance Bonacieux, un des personnages crées par Alexandre Dumas pour Les Trois Mousquetaires. Œuvre qui est arrivée jusqu’à T.Laatsit par le biais d’une adaptation filmée de l’époque soviétique. Ensuite la pochette. Aérienne, incarnation d’un monde magique, merveilleux et mystérieux. Preuve supplémentaire cette back cover qui, comme l’a justement fait remarquer un chroniqueur du webzine Autres Directions, fait apparaître dans le ciel Jean, le frère de Wendy, encore affublé de ses vêtements de nuits et de son haut de forme et sans doute va-t-il vers le pays imaginaire des Enfants Perdus de Peter Pan. T.Laatsit refuserait-il, lui aussi de grandir ? Sans doute que non mais le disque de l’Estonien est un regard attendri vers une époque perdue qui, en dépit de sa rudesse, comportait malgré tout des instants de bonheur.

Le principal restant la musique, celle-ci est également suffisamment évocatrice pour qu’on ne se permette plus de douter des intentions de Galaktlan. T.Laatsit a largement puisé dans des films pour la jeunesse, qu’ils soient d’origine occidentale ou soviétique. Le mélange de deux cultures de masse qui, si on veut bien l’admettre, ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Quant aux sonorités qu’il emploie et aux formes architecturales qu’il utilise, il est facile de constater qu’on lorgne facilement vers les génériques d’émissions des années 70 voire du début des années 80. On pourra facilement penser à des compositeurs comme François de Roubaix qui alliaient musique électronique et orchestration de forme classique. Cependant dans le bloc de l’est on n'était pas forcément en reste. Il n’y a qu’a re-visionner les dessins animés polonais, baltes ou russes et de ré-écouter leurs bandes sons pour se rendre compte qu’on pouvait créer des choses réellement belles à partir de pas grand-chose. C’est peut-être aussi cet aspect-là qui a attiré T.Laatsit. Entre musique néo-futuriste, épique et rêveuse l’Estonien colle ses mélodies comme des histoires qui se racontent en soirée et qui stimulent l’imaginaire comme nulle autre chose. L’enfant qui sommeillait en T.Laatsit a repris le dessus le temps de ce disque. Qu’il nous arrive la même chose, il n’y a qu’un pas qui sera facile à franchir. Sans hésitations.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 27-07-2005

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