.:.Chronique.:.

Pochette

Givens, Daniel

Dayclear & First Dark

[Aesthetics/La Baleine::2004]

|01 Light Travel (Fetch The Future)|02 Gravity|03 Undone|04 Progression|05 Weapon|06 Twister (Let It Rain)|07 Invisible Link|08 Horizon Line|09 Q & A|10 Rolling Blackout|11 Transport|12 Paint A Perfect Picture|13 Crowns And Rings|14 What's Understood|

Daniel Givens fait partie de ces artistes multi-cartes qui ne se contentent pas de faire une fixation par rapport à une thématique précise. Autant MC, DJ, producteur, photographe ou poète, Givens livre son premier album depuis cinq ans. Pour ajouter à cela il faut tout de même noter que le New-Yorkais est aussi très engagé. D’ailleurs ce disque tourne autour d’un sujet précis et qui touche profondément la société américaine : comment être noir et homosexuel dans une Amérique conservatrice avec comme point d’orgue les évènements du 11 Septembre. Dire que la question noire aux Etats-Unis n’est pas encore tout à fait réglée est un euphémisme, qu’être homosexuel (et pas seulement aux Etats-Unis) peut encore être considéré comme une tare n’est pas une illusion et que le traumatisme du 11 Septembre n’est pas prêt de s’estomper est loin de la réalité. Daniel Givens appuie là ou ça fait mal et, en somme, se voudrait presque le porte voix d’une société américaine qui n’est sans doute pas aussi bien dans ses baskets qu’on voudrait bien le dire.

Avec une électro-jazzy (d’autres diront trip-hop) relativement sombre, Givens touche vraisemblablement au but. Une gravité s’est rapidement installée sur ce disque et même si on ne maîtrise pas forcément très bien la langue de Shakespeare, on imagine très bien que l’Américain n’est pas là pour se fendre la poire. Dayclear & First Dark est un disque pesant, sombre et qui n’est pas d’un franc optimisme. Il n’empêche que cet album est assez envoûtant, faisant parfois penser à un Tricky plus minimal, mélangeant des traitements électroniques inquiétants avec des instruments acoustiques (ici le violoncelle torturé de Semay Wu) tout en n’oubliant jamais ce côté un peu urbain et cérébral. Dayclear & First Dark est un disque à redécouvrir (il est tout de même sorti l’année dernière) qui, dans ses ambiances clair-obscur, mérite toutes les attentions.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 16-07-2005

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