.:.Chronique.:.

Pochette

Behrens, Marc & Heyduck, Nikolaus

Plastic/Metal

[Antifrost/Metamkine::2005]

Le plastique et le métal sont deux matières vraiment synonymes de notre société moderne. Marc Behrens et Nikolaus Heyduck l’ont aisément compris. En tout cas ils ont assimilé cette idée qu’ils peuvent recycler tout objet en le transformant et en lui donnant une tout autre utilité. L’idée n’est certes pas nouvelle mais elle a ce mérite de donner souvent des choses assez étonnantes. Une première collaboration entre les deux hommes en 2000 à Mühltal a jeté les bases de ce qui allait devenir ce double album. L’idée était donc d’intégrer des matériaux plastiques et métalliques dans un processus sonore et vidéo avec des connotations expérimentales évidentes. D’un côté Behrens s’occupe de tout ce qui a trait au plastique, de l’autre Heyduck monopolise et sculpte le métal. Plastic/Metal est le résultat de cette performance reprise en 2002 (Darmstadt) et en 2004 (Akademie Für Tonskunst, Darmstadt). Si l’on en croit la note de presse chaque morceau de ce disque est le produit d’un processus évolutif qui met en relation des sons enregistrés et des objets mis en situation.

Le résultat sur disque, même s’il demeure intéressant, ne donne qu’une idée partielle (au niveau visuel j’entends) de la performance des deux Allemands. Reste alors une œuvre sombre, post-industrielle, pour le moins minimale et qui penche parfois vers le bruitisme. On pourrait aisément croire que Plastic/Metal est un album trop complexe, trop indigeste, voire inécoutable. Il n’en est rien. Bien au contraire. Ce disque s’écoute avec une facilité déconcertante. A la limite du solaire et résolument introspectif Plastic/Metal fait travailler vos neurones et votre imagination sans que cela devienne pour autant un casse-tête insoluble. Chaque pièce est d’une beauté pure et froide, un peu à l’image de ces vestiges industriels, sortes d’images mortes mais qui se révèlent être d’un intérêt fascinant. M.Behrens et N.Heyduck parviennent à nous tenir en haleine jusqu’au bout et à nous conforter dans l’idée que les musiques expérimentales et abstraites ne sont pas aussi pénibles qu’on le pense.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 03-07-2005

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