.:.Chronique.:.

Pochette

Biosphere

Autour De La Lune

[Touch ::2004]

|01 Translation|02 Rotation|03 Modifié|04 Vibratoire|05 Déviation|06 Circulaire|07 Disparu|08 Inverse|09 Tombant|

Geir Jenssen se qualifie comme quelqu’un qui travaille lentement. Le résultat de tous ses efforts a toujours été une musique tout aussi paresseuse mais qui n’en est pas moins passionnante. Cette œuvre commanditée par la Délégation aux Arts Plastique, le Ministère de la Culture et l’Atelier de Création Radiophonique de Radio France avait tout pour intéresser le Norvégien. Lui qui aime les grands espaces et les ambiances contemplatives, on lui donne ici matière à assouvir ses plus bas instincts. En effet quoi de plus jubilatoire pour un type comme Jenssen de se voir confier un sujet aussi fascinant que la Lune. Astre qui, faut-il le rappeler, aura occupé les pensées de bons nombres de gens jusqu’à alimenter les fantasmes les plus fous. Bref, la Lune, sujet inépuisable, est prise à bras-le-corps par Biosphere. On peut aisément imaginer l’excitation qui a dû s’emparer de Jenssen quand on lui a proposé la chose. Evidemment, l’excitation, ce n’est pas exactement ce que l’on peut ressentir lorsque l’on écoute un disque de Biosphere et à fortiori celui-ci.

Il faut dire que, les ambiances lunaires, ça le connaît plutôt bien. Les disques de Biosphere ont toujours été comme des no man’s land, des tableaux sans vie apparente ou alors une vie émergente. Une fois de plus, sur Autour De La Lune, on ne voyagera pas à la vitesse de la lumière. En écoutant ce disque on ne pourra pas s’empêcher de faire l’amalgame avec le 2001, L’Odyssée De L’Espace de S.Kubrick mais, en parallèle, on pourra bien y mettre quelques influences du cinéma d’anticipation des années 50 genre La Planète Interdite. Entre modernisme et rêverie, on se ballade entre les mers de tranquillité et les différents cirques lunaires avec une lenteur défiant toutes les lois de la physique. Ce disque est comme une exploration, on découvre avec émerveillement les joies de l’espace et on aime manifestement s’y perdre. On se perd pas bien loin, la Lune c’est tout de même la porte à côté, mais c’est suffisant pour laisser libre court à notre imagination. Certes Biosphere ne réalise pas là un grand album (on préfèrera Shenzou, The Man With The Movie Camera, Cirque ou Substrata) mais le Norvégien remplit son office avec application et semble être pénétré par le sujet. En même temps il sait rester humble et évite toute grandiloquence permettant ainsi au simple auditeur que je suis de se laisser imprégner de la plus simple des manières. Un voyage lunaire, ça ne se refuse pas.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 09-06-2005

A voir également :

http://www.touchmusic.org.uk

http://www.biosphere.no

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