.:.Chronique.:.

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Mandarin Movie

s/t

[Aesthetics/La Baleine::2005]

|01 Orange|02 The Green Giraffe|03 Black Goat (Part One)|04 Black Goat (Part Two)|05 The Ghost Ship Is Sinking|06 Peking Duck With Stream Dumpling|07 A Very Modern Camera (Part One)|08 A Very Modern Camera (Part Two)|09 Ghost Ship Don't Sink|10 The Highest Building In The World|

Ils doivent certainement être nombreux à envier la carrière de Rob Mazurek. Déjà membre et co-fondateur du Chicago Underground Duo (qui peut être Trio, Quartet ou Orchestra) et de Isotope 217, il a également sorti nombre de disques sur les plus beaux labels du monde (Thrill Jockey, Mego, Delmark, Moika, Aesthetics…) et collaboré avec ce qui s’est fait de mieux depuis les quinze dernières années (Tortoise, Stereolab, Gatsr Del Sol, Pan American, Jim O’Rourke, L’Altra…). Mandarin Movie est son nouveau projet auquel s’associe Alan Licht, dont on peut lire la prose dans l’excellent magazine britannique The Wire, Matt Lux (Isotope 217), Steve Swell, jazzman accompli, Jason Ajemian et Frank Rosaly. Même si les autres musiciens ont eu un parcours des plus honorable, la seule présence de Rob Mazurek suffit à attirer l’attention. Ce premier disque place la barre assez haut dans le sens où le groupe s’engage sur des chemins tortueux. Mandarin Movie tente ni plus ni moins de revisiter la théorie du chaos et d’explorer les strates du free-jazz. Chacun en conviendra, comme entrée en matière, difficile de faire plus ardu.

En matière de complexité Rob Mazurek se pose bien là. Toute sa carrière de musicien n’a jamais reposé sur la moindre facilité. Le personnel engagé n’incite pas forcément plus à la légèreté. Si la première écoute fait largement penser à un vaste fourre-tout anarchique, les suivantes permettent de mieux mesurer l’ampleur de l’effort fourni par le groupe. Une énergie intense se dégage des morceaux. On y sent une forte tension qui est parfois altérée par quelques instants plus posés comme si on essayait de reprendre son souffle. Globalement c’est une sorte de hargne qui prédomine ici. Si une lourdeur basique (The Green Giraffe) s’installe assez vite, elle est vite contrebalancée par des séquences plus complexes, pas fatalement plus raffinées mais plus fouillées. Mandarin Movie impose donc au forceps un premier disque sans titre et douloureux. Mais c’est souvent dans la douleur qu’on trouve les plus grandes satisfactions. Fais-moi mal Johnny !

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 05-06-2005

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