.:.Chronique.:.

Pochette

Jane

Berserker

[Paw Tracks/Chronowax::2005]

|01 Berserker|02 Agg Report|03 Slipping Away|04 Swan|

Noah Lennox (Panda Bear) et Scott Mou ont décidé de faire un disque ensemble alors qu’ils travaillaient dans le même magasin de disque à New York. Ce genre de situation n’est pas forcément originale, elle est arrivée plus d’une fois. On a même vu des critiques rock essayer de pousser la chansonnette avec plus ou moins de succès. Pour ma part, qui vend des disques à longueur d’année et qui tente péniblement de faire des chroniques à peu près lisibles, je ne vous ferai pas le supplice d’écouter ce qui peut germer dans mon imagination. Il y a peu de chances que cela vaille le coup. D’autres l’ont fait pour moi et c’est très bien ainsi. Mais revenons à nos moutons. Ce qui les a reliés, c’est un amour immodéré pour la dance music, celle qui, encore à une époque révolue, n’était pas ce qu’elle est devenue à présent : une grossièreté qui est une des pires insultes à l’intelligence. Il faut également rappeler que Noah Lennox est aussi membre d’Animal Collective, donc un doux cinglé. Et comme qui se ressemble s’assemble, Scout Mou l’est de facto par la même occasion. Du coup cet amour fou pour la dance music, il faudra le chercher bien loin dans la musique de Jane.

Jane fait une musique pour autistes. Une musique pour ceux qui aiment danser dans les placards. Une musique électronique, enfin, aux rythmes lents et lascifs, répétitive et aux penchants psychédéliques. Manifestement les deux compères se démarquent grâce aux ambiances monolithiques qui règnent sur ce disque et qui se rapprochent d’une sorte de cri primal venu des tréfonds des abysses. A la fois marqué par un groove glacial et par des nappes irréelles, Berserker n’a pas son pareil pour intriguer. C’est le genre de disque que l’on ose à peine imaginer, qui oscille entre le malsain et l’oppressant. Pour tout dire il révèle une beauté froide et presque mécanique, de celle qui envoûte de manière quasi instinctive, sans que l’on sache vraiment pourquoi, comme si on attendait cela depuis longtemps. Berserker n’est pas le disque messie, loin de là, mais il apporte ce sentiment que tout n’est pas perdu, que la musique électronique n’a pas encore dit son dernier mot et qu’elle a encore un avenir prometteur. On soupire et on se met à rêver. Enfin.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 31-05-2005

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