.:.Chronique.:.

Pochette

Ariel Pink's Haunted Graffiti

Worn Copy

[Paw Tracks/Chronowax::2005]

Après The Doldrums, petit bijou lo-fi, le label Paw Tracks continue sur sa lancée en rééditant ce Worn Copy paru en premier lieu en 2003 de manière assez confidentielle sur Rhystop. Inutile de tergiverser, Ariel Pink est, je l’ai déjà dit, un génie. Et comme tous les génie son travail est suivi par son lot d’incompréhensions. Comment comprendre que l’on puisse sortir aujourd’hui un disque comme celui-ci ? Pour toute personne ayant un tant soit peu de raison, produire une pareille chose serait tout de suite assimilé à un suicide tant artistique que commercial. Ariel Pink n’en est pas à se poser ce genre de questions bassement égocentriques. Une fois de plus notre homme nous prend à contre-pieds. Une fois de plus l’américain se démarque avec un disque à la production à la limite du possible. C’est cheap et c’est beau. Si vous aimez des trucs sur-produits à la The Killers passez là votre chemin. Avec un son étouffé et des différences de niveau la qualité de ce disque est, malgré tout, à la hauteur de nos espérances.

Worn Copy nous fait replonger dans l’époque quasiment préhistorique des bandes fm de la côte ouest des Etats Unis des années 70-80. Du moins c’est l’impression que cela donne. Une vaste bande son qui ressemblerait à un interminable jingle pop bancal. Le délire est alors permanent, mais qui en aurait douté ? Pour tous ceux qui ont écouté The Doldrums, cet album n’étonne qu’à moitié. Certes il est déroutant, jamais très loin du débile et en même temps il y a un côté très enfantin comme si tout ceci n’était qu’une vaste blague, rien qui ne puisse être considéré comme important. Autant de naïveté et de spontanéité ne peuvent pas laisser de glace ou alors c’est que vous êtes définitivement sourd. Personnellement je préfère me placer dans la première catégorie et voir en Ariel Pink l’un des premiers génie musical de ce début de siècle. Et comme tout génie qui se respecte il sera terriblement ignoré jusqu’à ce que l’on reconnaisse sur le tard, comme toujours, le talent qui est le sien. Quelle injustice.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 29-05-2005

A voir également :

http://www.paw-tracks.com

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